Perpétuité pour le meurtrier du petit Valentin

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par Catherine Lagrange

BOURG-EN-BRESSE, Ain (Reuters) - Stéphane Moitoiret a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité et sa compagne, Noëlla Hego, à 18 années de réclusion pour le meurtre du petit Valentin, tué de 44 coups de couteau en juillet 2008.

Les jurés de la cour d'assises de l'Ain ont estimé que Stéphane Moitoiret, un routard de 42 ans dont la culpabilité a été établie par son ADN mêlé à celui de l'enfant, était "responsable" de ses actes au moment des faits et ont choisi la prison plutôt qu'un placement en établissement psychiatrique, malgré la schizophrénie diagnostiquée chez l'accusé.

De la même façon, ils ont déclaré Noëlla Hego coupable et responsable de complicité d'assassinat. Elle a fait appel.

Leurs peines sont conformes à celles demandées par l'accusation.

Depuis leur interpellation sur les routes d'Ardèche, quelques jours après le drame, la question de la responsabilité pénale de ces deux marginaux atteints de troubles psychiatriques et plus largement de celles des malades mentaux est posée.

Pas moins de dix experts se sont penchés sur leur cas, pour trancher, à six voix contre quatre, en faveur de "l'altération du discernement" permettant une sanction pénale, et non de "l'abolition du discernement" qui aurait empêché un procès.

Les avocats de la défense se sont appuyés jeudi sur la polémique ouverte par ce débat pour réclamer aux jurés "l'irresponsabilité pénale" de deux personnes reconnues comme malades et donc un internement psychiatrique.

LES AVOCATS DÉNONCENT DES "INSTRUCTIONS"

"On est là en pleine démence, en pleine folie, si on ne trouve pas d'explication à ce meurtre, c'est qu'on nage en pleine folie", a dit Me Franck Berton en relevant qu'aucun mobile n'avait été identifié pour expliquer le geste.

"L'enfermement carcéral est fait pour les délinquants capables de comprendre leur peine", a-t-il dit. "Celui qui est en marge de la raison ne peut pas la comprendre."

L'avocat voit dans la tenue de ce procès une volonté politique de juger coûte que coûte les auteurs de crimes, quel que soit leur état mental, rappelant les mots prononcés par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, peu de temps après le drame: "Il sera jugé et il sera condamné".

Une thèse largement soutenue par Me Hubert Delarue, lui aussi défenseur de Stéphane Moitoiret. "Il y a eu des instructions de la chancellerie", a-t-il assuré.

Il a tenté de rassurer les jurés sur une sortie possible et anticipée des accusés de l'hôpital psychiatrique en leur expliquant le contenu de la loi du 25 juillet 2011 qui "apporte des garanties essentielles et fondamentales".

Il a dénoncé la politique judiciaire du gouvernement.

"Il y a une volonté aujourd'hui de juger les fous, de les donner en pâture", a-t-il dit. "Bientôt, tous les fous viendront ici, alors que depuis le droit romain, on ne juge pas les fous."

Les parents du jeune Valentin ont accueilli ce verdict avec des larmes de joie. Pendant tout le procès, ils n'ont pas pu obtenir la moindre explication du geste de Stéphane Moitoiret.

Edité par Yves Clarisse

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  • georg199 le jeudi 15 déc 2011 à 18:27

    Perdpétuite ? alors il ressort quand ?