Pérou: Fujimori accentue son avance dans les intentions de vote

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    LIMA, 23 mai (Reuters) - Keiko Fujimori, candidate à la 
présidence du Pérou, accentue son avance sur son rival Pedro 
Pablo Kuczynski dans les intentions de vote en dépit de 
révélations mettant en cause le numéro deux de son parti, accusé 
de blanchiment d'argent, selon un sondage Ipsos diffusé dimanche 
soir. 
    A deux semaines du second tour, le 5 juin, la candidate du 
parti Force populaire (droite libérale), fille de l'ancien 
président Alberto Fujimori, est créditée de 52,6% des intentions 
de vote contre 47,4% à son adversaire. Elle progresse de 2,4 
points en une semaine, précise Ipsos. 
    Le sondage a été effectué les 19 et 20 mai, quelques jours 
après les révélations de médias péruviens sur l'enquête en cours 
aux Etats-Unis sur le secrétaire général du parti de Fujimori. 
Joaquin Ramirez est accusé par un informateur de la DEA (Drug 
Enforcement Administration, l'agence fédérale de lutte contre 
les stupéfiants aux Etats-Unis) d'avoir blanchi 15 millions de 
dollars pour le compte de Fujimori en 2011. 
    "On aurait pu penser qu'il y aurait en conséquence un pic de 
méfiance contre Keiko Fujimori. Cela ne s'est pas produit", a 
commenté Alfredo Torres, directeur d'Ipsos au Pérou. 
    Fujimori a démenti toute malversation et se dit victime 
d'une campagne de dénigrement et d'intimidation. Le secrétaire 
général de Force populaire, qui nie lui aussi ces accusations, a 
remis mercredi dernier sa démission pour éviter que l'affaire ne 
gêne sa campagne électorale. 
    Agée de 40 ans, battue en 2011 par Ollanta Humala, la 
candidate de Force populaire a dominé le premier tour, le 10 
avril dernier, avec 39,9% des voix contre 21% pour Kuczynski. 
    Lors d'un débat télévisé les opposant dimanche soir, 
Fujimori a accusé l'ancien économiste de la Banque mondiale et 
ex-Premier ministre d'être le "candidat des élites" servant "les 
intérêts des hommes d'affaire". "Sa vision est celle des 
multinationales", a-t-elle affirmé. 
    Kuczynski a renvoyé son adversaire à la corruption qui a 
émaillé la présidence de son père, emprisonné pour violation des 
droits de l'homme et corruption, et exhorté les Péruviens à 
voter pour un candidat n'ayant aucun lien avec les trafiquants 
de drogue. "Le narco-Etat progresse et nous devons le stopper", 
a-t-il dit. 
 
 (Mitra Taj; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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