Pérol (BPCE) "plus inquiet sur le secteur maintenant qu'en 2009"

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    CERNOBBIO (Italie), 10 avril (Reuters) - Le président du 
directoire de BPCE, François Pérol, s'est déclaré plus inquiet à 
certains égards, en ce qui concerne le secteur bancaire 
européen, que lorsqu'il a pris la tête de la banque en 2009 au 
plus fort de la crise financière mondiale. 
    Il a ajouté, en marge d'un forum économique en Italie, que 
les taux d'intérêt négatifs dans la zone euro posaient un 
problème majeur car ils limitaient les marges bénéficiaires des 
banques à des niveaux qui ne sont pas viables à long terme. 
    "Je suis beaucoup plus inquiet que je ne l'étais en 2009 à 
certains égards", a-t-il dit samedi, en marge du forum 
économique Ambrosetti à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme. 
    "(En 2009), il n'y avait aucun doute sur ce qu'il fallait 
faire", a-t-il ajouté. "Je pense qu'il s'agit d'une situation 
plus difficile pour les banques (maintenant) car elles vivent 
des transformations fondamentales, dans un environnement qui est 
incroyablement difficile en raison des taux d'intérêt négatifs." 
    Les propos de François Pérol concernant les taux d'intérêt 
négatifs figurent parmi les déclarations les plus fortes de la 
part d'un responsable d'une grande banque de la zone euro depuis 
que la Banque centrale européenne (BCE) a ramené un peu plus 
profondément son taux de dépôt en territoire négatif, en mars, 
pour inciter les banques européennes à prêter davantage.  
    Un responsable de la BCE, qui n'a pas voulu être identifié, 
a dit lors de la conférence que la rentabilité des banques avait 
été affectée par les taux négatifs dans certains cas, mais que 
globalement cela n'avait pas détérioré leurs bilans.  
    Jeudi à Francfort, l'économiste en chef de la BCE, Peter 
Praet, a reconnu que les taux négatifs poseraient un problème 
aux banques si cela restait le cas pendant deux ou trois ans. 
    Le patron de BPCE a ajouté que l'incertitude en matière de 
réglementation aggravait la situation des banques qui attendent 
que les nouvelles règles de fonds propres soient finalisées. 
    Le conseil de surveillance du groupe bancaire mutualiste a 
renouvelé en novembre le mandat de François Pérol, qui a pris en 
2009 les rênes de BPCE, issu de la fusion des organes centraux 
des Caisses d'épargne et des Banques populaires.      
 
 (Mark Bendeich, Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Marc Angrand) 
 
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  • frk987 il y a 8 mois

    Les dits traders jouant quelques coups en bourse avec du fric gratos....on paye les actionnaires avec les gains...mais au fait et si on les supprimait......(les actionnaires)...on est dans le délire le plus fou. Les US commencent à redresser la barre, la BCE ne comprend rien à rien.

  • frk987 il y a 8 mois

    Suite : il va bientôt suffire de fermer TOUTES les agences, autant de gagné en frais de personnel, plus de clients à gérer, quelques traders qui empruntent à zéro à la BCE pour faire tourner la boutique. C'est ça la réalité bancaire aujourd'hui.

  • frk987 il y a 8 mois

    Les taux négatifs sont une invention purement diabolique qui va nous mener dans le mur. A quoi servent les prêteurs pour une banque : à RIEN puisque la banque peut avoir du cash à zéro % de la BCE. A quoi servent les emprunteurs : à rien car ils risquent de ne pas rembourser. Moralité : les banques tournent en circuit fermé n'ayant plus besoin de clients. HALLUCINANT.