Pernod Ricard confirme son accélération malgré un revers en Inde

le , mis à jour à 12:19
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    * CA et résultat opérationnel en croissance organique de 4% 
au S1 
    * Le groupe pénalisé par la démonétisation en Inde 
    * En Chine, Martell grimpe de 10%, le whisky reste à la 
peine 
    * Les ventes d'Absolut repartent à la baisse aux Etats-Unis 
    * Pernod Ricard suit de "très près" la politique 
américaine-PDG 
 
 (Actualisé avec déclarations PDG, détails, cours) 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 9 février (Reuters) - Pernod Ricard  PERP.PA  a 
publié jeudi des résultats semestriels portés par la brillante 
performance de Jameson aux Etats-Unis et le redémarrage de 
Martell en Chine, qui ont permis de compenser un revers en Inde, 
deuxième marché du groupe avec la Chine. 
    Malgré les effets de la "démonétisation" indienne, le numéro 
deux mondial des spiritueux a maintenu la cadence de ses ventes 
avec une croissance organique de 4% au cours du semestre clos le 
31 décembre, identique à celle du premier trimestre.     
    Le groupe, qui retrouve le niveau de croissance qu'il 
s'était fixé pour le moyen terme lors de la présentation de son 
plan stratégique de juin 2015, a confirmé ses objectifs annuels. 
    En Inde, les ventes ont reculé d'environ 5% en novembre et 
décembre, le retrait des billets de 500 et 1.000 roupies ayant 
plombé les ventes de whiskies locaux qui représentent 
l'essentiel du chiffre d'affaires du groupe dans le pays. 
    "Nous ne changeons rien à nos prévisions malgré cet aléa 
temporaire, compensé par des résultats meilleurs que prévu en 
Chine", a déclaré à Reuters le PDG du groupe, Alexandre Ricard. 
    La chute de la consommation indienne a ramené à seulement 3% 
la croissance de Pernod dans le pays - après une hausse de 8% au 
premier trimestre - et le groupe a indiqué que l'impact de la 
démonétisation se ferait encore sentir au 3e trimestre. 
    Alexandre Ricard a également dit "suivre de très près" 
l'évolution de la situation aux Etats-Unis, premier pays du 
groupe, où un éventuel relèvement des taxes à l'importation 
pèserait lourdement sur l'activité. 
    Les produits importés comme le cognac français ou le whisky 
irlandais représentent les deux tiers des ventes de Pernod 
Ricard dans le pays et sont, par essence, impossibles à 
délocaliser. 
       
    REPRISE DU HAUT DE GAMME EN CHINE 
    En Chine, le groupe, qui avait déjà vu les ventes de cognac 
renouer avec la croissance au trimestre précédent, profite comme 
ses concurrents Hennessy (groupe LVMH  LVMH.PA , numéro un 
mondial du cognac, et Rémy Martin (groupe Rémy Cointreau 
 RCOP.PA ) d'un redémarrage de la consommation dans le pays. 
    
    Martell, dont les ventes ont grimpé de 10% au 1er semestre, 
a surtout profité, comme ses pairs, de la reprise des variétés 
haut de gamme (XO, Cordon Bleu) portées par une nouvelle demande 
des particuliers après l'éradication des cadeaux d'affaires par 
les mesures anti-corruption de Pékin.  
    Il récolte aussi les fruits d'une nouvelle organisation 
commerciale dans le pays et profite d'un nouvel an chinois plus 
précoce qui a avancé les expéditions par rapport à l'an dernier. 
    A l'inverse, le whisky ne parvient pas à redresser la barre, 
les ventes restant plombées par le recul de Chivas. 
    Aux Etats-Unis, les ventes ont grimpé de 5% toujours tirées 
par la croissance à deux chiffres de Jameson, tandis qu'Absolut 
reste à la peine. Surveillées à la loupe, les ventes de vodka   
ont été inférieures aux attentes, reculant de 2% à 3% sous 
l'effet d'une intense guerre commerciale. 
    Pernod Ricard a cependant confirmé, lors d'une conférence 
téléphonique, son objectif de stabilisation des ventes d'Absolut 
aux Etats-Unis à moyen terme. 
    Les performances du groupe se sont aussi améliorées en 
Russie, où la consommation repart avec le redressement des cours 
du brut, et dans le "travel retail" (ventes aux voyageurs).  
    "Pernod va dans le bon sens et les résultats sont là, en 
Europe, aux Etats-Unis et en Chine", soulignent les analystes de 
Liberum, ajoutant cependant que certains marchés et canaux de 
distribution restent à la peine. 
    En Bourse, le titre cédait 0,18% à 108,25 euros à 11h37 
alors que l'indice CAC 40  .FCHI  gagnait 0,43%. 
    Le chiffre d'affaires semestriel a totalisé 5,06 milliards 
d'euros, dépassant légèrement les 5,02 milliards du consensus 
réalisé par Inquiry Financial pour Reuters, et le résultat 
opérationnel courant, en hausse de 4% à changes constants à 1,50 
milliard d'euros, a été conforme aux attentes. 
    La prévision de croissance du résultat opérationnel courant 
comprise entre 2% et 4% hors effets de changes en 2016-2017 a 
été confirmée, après une hausse limitée à 2% en 2015-2016. 
          
    Le communiqué: 
    http://bit.ly/2kuiCKa  
 
 (Avec Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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