Pernod Ricard confirme ses objectifs annuels

le
0

par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard a confirmé jeudi ses objectifs financiers annuels, après une forte croissance de ses ventes sur neuf mois malgré des déstockages intervenus en France.

Le numéro deux mondial des vins et spiritueux derrière le britannique Diageo a vu ses ventes atteindre 6,315 milliards d'euros à la fin mars 2012, signant une progression de 7% et une croissance interne de 9% toujours tirée par les pays émergents.

Le propriétaire du cognac Martell, des whiskies Chivas Regal ou Glenlivet, de la vodka Absolut et du pastis Ricard a précisé à Reuters que les tendances d'avril ne marquaient aucune inflexion par rapport au neuf premiers mois de l'exercice.

Fort de ces chiffres, Pernod a confirmé ses objectifs annuels, à savoir une croissance d'environ 8% de son résultat opérationnel pour l'exercice 2011-2012, une prévision jugée prudente par les analystes qui tablent sur une progression plutôt proche de 9,5%.

La dynamique est restée très forte dans la zone "Asie-reste du monde", avec une croissance interne de 16% sur neuf mois, tirée par les ventes de cognac (+26%), tandis que la reprise s'est confirmée aux Etats-Unis (+5%) malgré un recul des ventes d'Absolut (-1%) dans un marché de la vodka très concurrentiel outre-Atlantique.

La situation est demeurée contrastée en Europe, entre une nette accélération à l'Est (+19%) et une légère baisse (-1%) à l'Ouest, imputable au recul des ventes en Espagne (-5%) et en Italie (-12%) très touchées par la crise, mais aussi à la baisse des ventes au Royaume-Uni (-4%). En France (9% des ventes), la croissance est ressortie à 8% sur neuf mois.

Sur le seul troisième trimestre de l'exercice (janvier-mars 2012), les ventes du groupe ont augmenté de 5% à 1,70 milliard d'euros, un chiffre supérieur aux attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur 1,62 milliard.

DES DÉSTOCKAGES AUX 3E ET 4E TRIMESTRES

La croissance interne, elle aussi supérieure aux attentes, ressort à 3% alors que nombre d'analystes anticipaient une baisse avec les déstockages attendus en France - les distributeurs avaient massivement acheté entre octobre et décembre en prévision du relèvement des taxes sur les spiritueux intervenue le 1er janvier - et la précocité du Nouvel an chinois.

Les ventes ont ainsi chuté de 42% dans l'Hexagone au troisième trimestre, alors que nombre d'analystes tablaient sur une baisse de 80%, après une hausse de 25% au premier semestre.

L'écart avec les prévisions des analystes s'explique principalement par un étalement de l'effet de ces sur-stockages sur deux trimestres (les 3e et 4e) au lieu d'un seul. Le solde est donc attendu au 4e trimestre.

Sans tenir compte de ces effets "techniques", la croissance interne du trimestre ressort à 8%, dans la continuité de celle du premier semestre, a tenu à préciser Pernod Ricard.

Après la solide croissance annuelle de Rémy Cointreau et un début d'année en fanfare pour les vins et spiritueux de LVMH, Pernod vient confirmer la bonne résistance d'un secteur qui compense les difficultés en Europe de l'ouest par une très forte croissance dans les pays émergents.

"Ce sont de très bons chiffres, avec une dynamique impressionnante qui a été maintenue au troisième trimestre", commente Gideon Adler, analyste d'Investec Securities.

Ils ont été bien accueillis en Bourse jeudi matin. Après un début en hausse de 1,4%, le titre limite son avance à 0,4% vers 11h10, dans un marché en repli de 0,3%. Il progresse de 11,9% depuis le début de l'année, surperformant son indice de référence qui avance de 8,7% sur la période.

Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant