Période d'observation confirmée pour le groupe Doux

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PÉRIODE D'OBSERVATION CONFIRMÉE POUR LE GROUPE DOUX
PÉRIODE D'OBSERVATION CONFIRMÉE POUR LE GROUPE DOUX

QUIMPER, Finistère (Reuters) - Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) a confirmé mardi la poursuite jusqu'au 30 novembre de la période d'observation du groupe Doux, placé en redressement judiciaire depuis juin, a-t-on appris auprès des syndicats et des avocats du groupe.

Lors d'une audience d'étape qui s'est tenue à huis clos, Charles Doux, le PDG de l'ancien numéro un de la volaille en Europe, a présenté la situation du groupe, dont le pôle frais a été récemment liquidé, et leurs projets de financement.

"Avec les pôles poulet export et produits élaborés, l'exploitation du groupe est bénéficiaire, ce qui nous donne des capacités pour le remboursement de la dette et pour des investissements dans l'entreprise", a déclaré Me Maurice Lantourne, avocat du groupe, à l'issue de l'audience.

Le volailler a annoncé lundi que 30 millions d'euros sur trois ans seraient investis dans les usines du groupe selon un plan d'investissement "totalement autofinancé".

Début septembre, cinq des huit sites de la branche déficitaire du groupe produisant du poulet frais destiné à la grande et moyenne distribution, ont été repris par des sociétés concurrentes, cette liquidation entraînant près d'un millier de licenciements sur un total de 1.700 emplois.

Les pôles export et produits élaborés du groupe Doux totalisent encore actuellement 2.100 emplois, dont 400 CDD.

"Ce que nous craignons surtout aujourd'hui c'est la restructuration qui est en route au niveau du siège social et des postes administratifs mais aussi sur certains sites du groupe comme l'usine père Dodu de Quimper où l'on a arrêté la production de charcuterie", a déclaré Raymond Gouiffès, délégué CGT, précisant que le pôle de produits élaborés "perd encore de l'argent".

LES DETTES DU GROUPE

Aucun chiffre concernant des licenciements qui pourraient être annoncés à la fin du mois n'a pour l'heure été divulgué, a précisé ce représentant syndical.

Le montant des dettes du volailler contractées à la suite de son implantation au Brésil reste incertain et devrait être connu le 14 octobre, ont indiqué les syndicats.

Cette dette s'élèverait à 34 millions d'euros, dont quatre millions d'euros de créances bancaires, selon Maurice Lantourne, qui reconnaît toutefois un litige à ce sujet.

Les dettes du groupe s'élèveraient actuellement à environ 320 millions d'euros, dont 143 millions d'euros de créances bancaires à l'égard de la banque Barclays, a indiqué l'avocat.

Des discussions sont en cours avec l'établissement bancaire britannique et les autres partenaires du groupe Doux, notamment le saoudien et principal client du volailler Al Munajem, pour apporter de nouveaux fonds à l'entreprise, a-t-il aussi précisé.

La banque Barclays a récemment injecté 10 millions d'euros sous forme de prêt dans l'entreprise et Al Munajem a accordé une avance sur ses achats au groupe pour un montant similaire.

Les avocats du volailler ont par ailleurs informé le tribunal qu'ils demanderaient une poursuite de la période d'observation au delà du 30 novembre.

La nouvelle recapitalisation du groupe, avec l'entrée effective de la banque Barclays dans le capital comme actionnaire majoritaire en convertissant la majeure partie de sa créance, pourrait intervenir début 2013, a précisé Maurice Lantourne.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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