Perche / R.Lavillenie : " Les voyants sont au vert "

le , mis à jour à 14:58
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Perche / R.Lavillenie : " Les voyants sont au vert "
Perche / R.Lavillenie : " Les voyants sont au vert "

Impatient de commencer la compétition au Stade de France samedi, le perchiste français Renaud Lavillenie s'apprête à vivre une nouvelle étape dans la défense de sa Ligue de Diamant (qu'il a remportée ces six dernières années).

Renaud Lavillenie, qu’est-ce que ça fait de sauter ici, au Stade de France ?
Un concours en France c’est toujours particulier. Au Stade de France ça l’est encore plus ! C’est un grand stade, il y a du monde, une superbe ambiance. Pour ma part c’est quelque chose que j’aime énormément et chaque année j’ai vraiment envie de sauter ici. C’est un plaisir.

L’absence d’Usain Bolt n’est-elle pas préjudiciable au meeting ?
Usain Bolt ou pas, ça ne va rien changer. Le meeting a existé sans lui. Chaque fois, j’étais présent même quand il n’était pas là et ça ne m’a jamais posé problème. C’est évidemment une déception de voir l’absence de Bolt parce qu’il génère une très bonne image pour notre sport. Mais son absence pourra montrer également que le monde de l’athlétisme ne tourne pas autour d’une seule personne. Il y a énormément de grands athlètes réunis dans un stade pour faire vibrer plus de 45 000 personnes. Je vais aborder la compétition comme j’en ai l’habitude et essayer de faire vibrer toutes ces personnes.

Vous êtes la tête d’affiche du meeting en compagnie d’Asafa Powell. Que pensez-vous de lui ?
Asafa, c’est vraiment un bel athlète. Il a toujours été capable d’être présent même s’il n’a peut-être pas gagné tout ce qu’il aurait pu gagner. C’est intéressant d’avoir un tel athlète a mes cotés pour promouvoir un tel événement. Après je pense à deux autres athlètes : Pascal (ndlr : Martinot-Lagarde, 110m haies) qui fait vraiment une belle saison, et Mutaz (ndlr : Essa Barshim, saut en hauteur) qui survole sa discipline, qui est en ébullition. Il n’y a pas une seule star sur ce meeting, ce qui permet de ne pas s’ennuyer pendant les trois heures. On n’attend pas quelqu’un en particulier, il y a toujours quelque chose à regarder.

Sauter devant 45 000 personnes, ça n’incite pas à tenter un coup de folie ?
45 000 personnes ou 3000 personnes ce n’est pas ce qui va m’empêcher de tenter quelque chose. Je suis capable de faire le vide au bon moment pour me préparer et être en mesure d’être dans de bonnes conditions pour sauter haut. Le coup de folie s’il vient ça sera bon signe. J’espère être en mesure de le faire. Mais la priorité c’est avant tout de gagner le meeting et de prendre le large en Diamond League. Je suis impatient d’être sur le stade pour enfin se lâcher.

« Les coups d’éclats n’arrivent pas comme ça »

Les conditions sont-elles optimales pour une bonne compétition ?
La météo s’annonce bonne. Le seul problème, c’est le vent. Tant que je ne serai pas sur le stade samedi soir, je ne connaîtrai pas réellement les conditions. Après, avec la chaleur, le vent a tendance à se calmer donc ça peut être quelque chose de vraiment positif. On va pouvoir légitimement espérer des performances. Les voyants sont au vert.

Personnellement, est-ce un avantage toutes ces compétitions en France ?
C’est le début d’un très bon bloc. Il y a cinq compétitions très rapprochées en Europe. Paris ce weekend, Lausanne (9 juillet), les Championnats de France à Villeneuve d’Ascq (10 au 12 juillet), le meeting de Monaco (17 juillet) et on finit par Londres (24-25 juillet). Ça me permet d’éviter d’avoir de trop longs voyages et d’avoir des meetings avec des conditions plutôt bonnes. A l’issue de ces compétitions je vais avoir un avis sur ma préparation et voir ce qui me reste à travailler sur les trois semaines de préparation avant de partir à Pékin (ndlr : pour les Championnats du monde, du 22 au 30 août).

Peut-on parler de relâchement dans une année impaire, pré-JO ?
Toutes les années, qu’elles soient paires ou impaires, sont toujours importantes. Il ne faut pas se leurrer, une année de Championnats du monde c’est très important. C’est du même niveau qu’une année olympique. Pour faire quelque chose aux JO il faut être capable de faire des performances l’année d’avant. Evidemment dans le sport, il y a des coups d’éclat. Mais les coups d’éclats, ils n’arrivent pas comme ça. Le plus beau, c’est d’être capable de répéter les perfs au fil des années. Que ce titre (de champion du monde) me manque ou pas ne change rien à la préparation ou l’envie. J’aurais déjà gagné ce titre, je serais venu avec la même envie.

Quelle est-votre approche vis-à-vis de ce meeting ?
Il y a de l’ambition. Je ne vais pas me contenter d’un saut pour ensuite revenir chez moi. À chaque fois que je suis sur un meeting, j’ai l’ambition de mettre en application tout le travail que j’ai fait. Il faut être capable de sauter avec la bonne perche au bon moment. S’il faut que je prenne une perche relativement dure au début du concours, je la prendrai parce que je sais que derrière ça peut se libérer. Mais je suis plus focalisé sur passer la barre plutôt que la perche en elle-même.

(avec Yannick O'Conor)

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