Percée électorale de jeunes militants démocrates à Hong Kong

le , mis à jour à 07:38
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 (Actualisé avec premiers résultats) 
    par James Pomfret et Venus Wu 
    HONG KONG, 5 septembre (Reuters) - Plusieurs candidats 
indépendantistes radicaux ont été élus dimanche à Hong Kong où 
la participation a atteint un niveau record pour ce premier 
grand rendez-vous électoral depuis les manifestations de rue en 
faveur de la démocratie en 2014.  
    Un décompte initial suggère également que l'opposition 
pro-démocratique est en mesure de conserver sa minorité de 
blocage au Conseil législatif (LegCo) qui lui permet de rejeter 
des décisions de l'exécutif, favorable à Pékin.  
    Ce seuil est fixé à un tiers des 70 sièges, élus pour partie 
au suffrage universel direct et pour partie par des collèges 
électoraux désignés. Dans l'assemblée sortante, le bloc 
démocrate était juste au-dessus, avec 27 élus. 
    Les résultats définitifs sont attendus plus tard dans la 
journée. 
    La commission des affaires électorales a annoncé que la 
participation avait atteint 58% des 3,7 millions d'électeurs 
inscrits, soit la plus forte mobilisation observée depuis la 
rétrocession à la Chine de l'ancienne colonie britannique, en 
1997. En 2012, 53% des électeurs s'étaient déplacés.  
    Ces élections s'annonçaient comme les plus disputées depuis 
la rétrocession. 
    Une vingtaine de jeunes militants du "mouvement des 
parapluies", qui avait jeté il y a deux ans des dizaines de 
milliers de personnes dans les rues de la ville pour réclamer 
plus de démocratie, étaient candidats à ces élections, sur près 
de 300 candidats.  
    Parmi eux, Nathan Law, 23 ans, un des chefs de file de la 
contestation, qui s'est fait élire. "Je suis bouleversé", 
s'est-il réjoui. "Nous héritons de l'esprit du mouvement et 
j'espère que nous pourrons continuer à l'avenir. Nous devons 
encore nous unir afin d'avoir plus de puissance pour lutter 
contre le Parti communiste chinois." 
    Au moins quatre autres candidats "localistes", qui placent 
les intérêts de Hong Kong avant ceux de la Chine, ont également 
été élus. 
    Six autres candidats pro-démocratie avaient en revanche été 
interdits de candidature en juillet dernier par la commission 
électorale au prétexte qu'ils avaient défendu l'indépendance du 
territoire.  
    La commission électorale a imposé à chaque candidat de 
signer une déclaration selon laquelle Hong Kong est une partie 
"inaliénable" de la Chine. 
    Selon une source en contact fréquent avec des responsables 
chinois, Pékin a directement ordonné aux autorités hongkongaises 
d'écarter ces six militants.  
    "Nous ne voulons pas que notre prochaine génération soit 
l'esclave du Parti communiste chinoise", a déclaré Edward Leung, 
l'un des six recalés qui a fait campagne pour son remplaçant. 
    L'échec du mouvement de 2014, qui n'a rien obtenu des 
autorités malgré 79 jours de mobilisation, a incité des 
militants à réclamer une rupture avec la Chine, mais d'autres 
estiment que cela mettrait en péril l'avenir politique et 
économique de Hong Kong.  
    Selon un sondage effectué en juillet dernier par 
l'université chinoise de Hong Kong, un Hongkongais sur six 
environ soutient aujourd'hui l'indépendance. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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