Percée attendue de Podemos aux législatives en Espagne

le , mis à jour à 15:33
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    * Les Espagnols aux urnes pour la deuxième fois en six mois 
    * Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 GMT, sondages 
sortie des urnes dès 18h00 GMT 
    * Aucune majorité ne se dessine au Parlement 
    * La montée en puissance de Podemos pourrait permettre une 
sortie de l'impasse 
    * Des doutes sur la participation et les conséquences du 
"Brexit" s'ajoutent aux incertitudes 
 
 (Actualisé avec participation à 12h00 GMT et précisions, paras 
3 et 4) 
    par Julien Toyer et Emma Pinedo 
    MADRID, 26 juin (Reuters) - Le bloc anti-austérité Unidos 
Podemos devrait enregistrer une progression sensible lors des 
élections législatives organisées ce dimanche en Espagne, ce qui 
serait un nouveau coup porté aux partis traditionnels européens, 
déjà ébranlés par le choix des Britanniques de quitter l'Union 
européenne. 
    Les électeurs espagnols retournent aux urnes six mois après 
qu'un précédent scrutin législatif, le 20 décembre, n'a pu 
aboutir à la formation d'une coalition gouvernementale, les 
partis traditionnels - le Parti populaire (PP) et le Parti 
socialiste espagnol (PSOE) - ayant été bousculés par les 
nouveaux venus que sont Podemos et le centriste Ciudadanos. 
    A 12h00 GMT, le taux de participation était de 36,9%, soit 
exactement comme le 20 décembre, alors que l'on s'attendait à un 
recul de l'affluence après six mois de dissensions entre partis 
politiques et avec le début des vacances d'été. 
    Un nouveau chiffre de participation sera communiqué à 16h30 
GMT, avant la clôture des bureaux de vote à 18h00 GMT, laquelle 
sera suivie aussitôt par la diffusion de sondages à la sortie 
des urnes. 
    Les derniers sondages semblent suggérer que le parlement 
issu des élections de ce dimanche sera tout aussi fragmenté que 
le précédent, aucun des quatre grands partis et des six 
formations régionales n'était susceptible de s'imposer dans un 
parlement composé de 350 sièges. 
    Le parti conservateur PP devrait conserver son rang de 
première formation politique du pays, avec environ 120 sièges. 
Mais Ciudadanos ("Citoyens"), son partenaire de coalition le 
plus évident, ne devrait en remporter qu'une quarantaine, les 
laissant assez loin des 176 nécessaires pour obtenir la majorité 
absolue. 
    La montée en puissance annoncée d'Unidos Podemos ("Ensemble 
nous pouvons"), une coalition anti-austérité emmenée par 
Podemos, pourrait, sur le papier, offrir une voie de sortie. 
    En combinant les quelque 90 sièges qu'elle devrait gagner 
aux 80 que devrait obtenir le PSOE, une majorité absolue est en 
vue. Avec le soutien de quelques partis régionaux, la voie à la 
constitution d'une coalition gouvernementale sera ouverte. 
    Nombre d'analystes pensent cependant que le PSOE, fondé il y 
a 137 ans, préférerait former une "grande coalition" avec le PP 
de l'actuel président du gouvernement Mariano Rajoy, voire 
soutenir un gouvernement PP minoritaire plutôt que de s'associer 
à un parti qui menace son existence.  ID:nL8N19F376  
     
    L'INCONNUE DE L'ABSTENTION 
    S'inspirant de la Grèce, où le parti de la gauche radicale 
Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras a relégué les 
socialistes du Pasok au rang d'observateurs, Pablo Iglesias, le 
dirigeant de la coalition Unidos Podemos, espère affaiblir 
considérablement le PSOE et le priver de toute chance de diriger 
un gouvernement. 
    Après le vote, jeudi, des Britanniques en faveur d'une 
sortie de l'Union européenne, Alexis Tsipras et Pablo Iglesias 
ont appelé à une refondation de l'Union européenne, basée sur un 
fonctionnement démocratique améliorée, la protection sociale et 
la solidarité. 
    "C'est (le Brexit) une mauvaise nouvelle pour l'avenir de 
l'Europe. Nous sommes préoccupés par la décision du peuple 
britannique. Et nous pensons que nous devons reconstruire une 
autre idée de l'Europe, basée sur les droits sociaux et les 
droits de l'homme", a dit vendredi à des journalistes Pablo 
Iglesias à la fin de la campagne. 
    Il était difficile de mesurer à ce stade l'impact du Brexit 
sur le scrutin espagnol. Certains analystes pensent que cela 
incitera les électeurs à jouer la "carte de la sécurité", en 
votant soir pour le PP soit pour le PSOE. 
    D'autres disent au contraire que le choix des Britanniques 
de sortir de l'UE pourrait accentuer la défiance des Espagnols 
vis-à-vis des élites traditionnelles et donc favoriser Podemos. 
    Il y a également des interrogations sur la participation, 
certains anticipant le taux d'abstention le plus élevé depuis le 
retour à la démocratie dans le pays dans les années 1970. 
 ID:nL8N19E0D2  
 
 (Benoit Van Overstraeten et Eric Faye pour le service français) 
 
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