Pékin veut rassurer sur le yuan avant la réunion du G20

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    par Kevin Yao et Engen Tham 
    SHANGHAÏ, 25 février (Reuters) - Des responsables chinois 
ont exclu jeudi une dévaluation imminente du yuan afin de 
rassurer leurs partenaires sur leur capacité à assurer la 
stabilité des marchés tout en conduisant des réformes 
structurelles. 
    Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques 
centrales du G20 se réunissent vendredi et samedi à Shanghaï, en 
Chine, alors que les craintes d'une forte dévaluation par Pékin 
de sa monnaie ont alimenté la volatilité sur les marchés 
financiers depuis plusieurs mois. 
    Une dévaluation du yuan n'est pas à l'ordre de jour de la 
réunion du Groupe des Vingt (G20), a déclaré le ministre chinois 
des Finances, Lou Jiwei, dont les propos ont été rapportés par 
le quotidien officiel China Daily.  
    Le vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao, a déclaré que 
la Chine chercherait à assurer la stabilité du taux de change 
tout en maintenant le régime actuel de "flottement encadré".  
    Ce régime, qui prévoit que le yuan peut fluctuer dans une 
marge autour d'un cour pivot défini par la Banque populaire de 
Chine (BPC), permet en théorie aux forces du marché d'intervenir 
dans l'évolution du taux de change. 
    Le yuan s'est déprécié de plus de 1,5% au début de l'année, 
portant sa baisse à plus de 6% depuis la dévaluation de fait 
décidée en août par la banque centrale chinoise qui cherche 
depuis à stabiliser sa devise. 
    "Nous reconnaissons les risques auxquels l'économie mondiale 
est confrontée", a dit Zhu Guangyao lors d'une conférence à 
l'Institut de finance internationale (Institute of International 
Finance - IIF). "Nous comprenons aussi combien il est important 
de communiquer correctement avec le marché", a-t-il ajouté. 
    Une chute de plus de 6% des Bourses chinoises jeudi, leur 
plus fort recul en une séance depuis un mois, a rappelé que les 
marchés chinois sont très volatils depuis neuf mois. 
    Le secrétaire d'Etat au Trésor américain, Jack Lew, s'est 
montré très critique de la gestion par Pékin de ses marchés 
financiers et de sa devise. 
    "Vous devez communiquer clairement, publiquement ou cela 
sera interprété malgré vous", a-t-il dit dans un entretien 
publié jeudi par le Wall Street Journal. 
    Jack Lew a ajouté que la Chine devait clairement dire 
qu'aucune "dévaluation majeure" du yuan n'était en préparation. 
    Le vice-gouverneur de la banque centrale chinoise, Yi Gang, 
a redit jeudi qu'il fallait s'attendre à des fluctuations du 
yuan contre le dollar, la Banque populaire de Chine appréciant 
désormais sa valeur vis-à-vis d'un panier de devises et non plus 
du seul billet vert. 
    En conséquence, la volatilité du yuan peut augmenter 
vis-à-vis de la devise américaine mais la devise chinoise est 
plus stable vis-à-vis des autres monnaies. 
    "Je pense qu'une situation stable est bonne pour tout le 
monde", a dit Yi Gang, qui s'exprimait aussi dans le cadre de la 
conférence de l'IIF. "Si nous avons un taux de croissance assez 
robuste, nous avons un taux de change orienté par le marché, et 
qu'en même temps nous avons toujours un point d'ancrage... cela 
sera positif pour tout le monde." 
    Il a aussi souligné que l'indépendance de la politique 
monétaire chinoise lui permettait de contrôler les taux 
d'intérêt nationaux, un point que certains analystes mettent en 
doute du fait de l'ampleur des sorties de capitaux que connaît 
le pays.      
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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