Pékin veut assainir le secteur financier en ligne-sources

le
0
    PEKIN, 20 mai (Reuters) - Le gouvernement chinois a adopté 
un plan d'assainissement du secteur financier en ligne, selon 
des sources proches du dossier.  
    Rédigé par la Banque populaire de Chine (BPC), le plan 
gouvernemental encadre en particulier les plateformes de finance 
participative (P2P), objet de récents scandales. 
    Ces plateformes ont vu leurs opérations augmenter de 300% en 
2015 pour atteindre 440 milliards de yuans (60 milliards 
d'euros), selon Citigroup. 
    Dorénavant, ces plateformes ne pourront plus conserver les 
fonds de leur clientèle, qui devront être déposés dans un 
établissement bancaire certifié et distingués des capitaux 
propres de la plate-forme.  
    Les autorités chinoises ont arrêté en février 21 salariés 
d'Ezubao, jadis la première plate-forme P2P chinoise, qui avait 
collecté en moins de deux ans 7,6 milliards de dollars auprès de 
plus de 900.000 investisseurs. Ezubao finançait en réalité une 
"pyramide de Ponzi totale", avaient alors dit les autorités, 
grâce à laquelle ses responsables menaient grand train avec 
l'argent des investisseurs. 
    Le financement participatif est également pointé du doigt 
ailleurs qu'en Chine. C'est ainsi que le département de la 
Justice des Etats-Unis a ouvert une enquête sur la plate-forme 
américaine Lending Club  LC.N , dont le PDG a démissionné. 
  
    Pékin veut également créer un registre centralisé des 
produits financiers en ligne ainsi qu'une plate-forme unique des 
comptes en banque sur internet. Son projet limite également les 
opérations que les plateformes financières en ligne peuvent 
entreprendre sans licence.  
    Le gouvernement chinois prône enfin la création d'un organe 
supervisé par la BPC et regroupant des membres des régulateurs 
de la banque, de la Bourse et de l'assurance, ainsi que de 
l'Administration publique de l'Industrie et du Commerce et du 
ministère du Logement et du Développement urbain et rural.  
    Il est demandé à ces différentes autorités d'avoir bouclé 
leurs investigations sur le terrain d'ici juillet et d'avoir 
assaini le secteur de fond en comble d'ici novembre, permettant 
au Conseil d'Etat, l'équivalent du conseil des ministres, de 
produire un rapport d'ici mars 2017. 
    La BPC et le Conseil d'Etat n'ont pas réagi dans l'immédiat 
aux demandes de commentaires.     
     
 
 (Shu Zhang, Zheng Li et Matthew Miller, avec Rong Ma, Elias 
Glenn et le Bureau de Pékin, Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Marc Joanny) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant