Pékin va autoriser l'échange de dette contre des actions-sources

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 (Actualisé avec contexte, commentaire d'analyste) 
    10 mars (Reuters) - La banque centrale chinoise prépare une 
nouvelle réglementation autorisant les banques commerciales à 
échanger directement des créances à risque vis-à-vis 
d'entreprises contre des actions de ces sociétés, apprend-on de 
deux sources informées du projet. 
    Les sources précisent que la publication d'un document 
présentant cette réforme était imminente. La Banque populaire de 
Chine (BPC) n'a pas répondu aux demandes de commentaires. 
    Le montant des prêts à risque s'est envolé en Chine l'an 
dernier avec le ralentissement de la croissance, à son rythme le 
plus faible en 25 ans. Selon les chiffres officiels de la 
Commission de contrôle bancaire (CBRC), les créances douteuses 
détenues par les banques du pays représentaient plus de 4.000 
milliards de yuans (560 milliards d'euros) fin 2015.    
    La mesure permettrait aux banques de limiter leur ratio de 
créances douteuses et donc le montant des réserves de trésorerie 
nécessaires pour couvrir d'éventuelles pertes sur ces créances. 
    Les fonds ainsi dégagés pourraient être utilisés pour 
octroyer de nouveaux crédits destinés à financer la politique de 
rénovation des infrastructures et des entreprises promue par le 
gouvernement dans l'espoir de redynamiser l'économie chinoise. 
    "Ce changement de réglementation montre que les créances 
douteuses des banques ont atteint un tel niveau que le problème 
doit être réglé avant qu'il ne soit trop tard", dit  Wu Kan, 
responsable à Shanghai du trading actions chez Shanshan Finance. 
    
    Cette nouvelle règle permettrait aussi aux entreprises de 
réduire leur endettement et de limiter le service de la dette, 
ouvrant ainsi la voie à de nouvelles demandes de crédit.         
    Selon les sources, ces mesures pourraient être promulguées 
avec l'aval du Conseil d'Etat, l'équivalent du conseil des 
ministres, permettant ainsi à Pékin d'échapper à la nécessité de 
revoir la législation sur les banques commerciales, qui leur 
interdit d'investir dans des institutions non-financières.  
    Jusqu'à présent, les banques commerciales chinoises se 
délestaient de leur créances douteuses en les vendant avec une 
décote à une société de gestion d'actifs désignée par l'Etat 
qui, elle-même, cherchait à se faire rembourser ou les vendait à 
des investisseurs spécialistes du marché de la dette décotée.   
    Aucune précision n'a pu être obtenue sur la façon de 
comptabiliser ces titres dans le bilan des banques, ni sur la 
part ou le montant de dette pouvant être converti en actions. 
 
 (Bureau de Hong Kong; Juliette Rouillon pour le service 
français, édité par Patrick Vignal) 
 
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