Pékin suspend les transactions forex de banques étrangères-sources

le , mis à jour à 15:40
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    * Opérations suspendues pour au moins 3 banques 
étrangères-sources 
    * La banque centrale n'a pas motivé sa décision 
    * Une mesure pour limiter le spread entre yuan onshore et 
offshore 
    * Les autorités menacent d'aller plus loin, selon les 
sources 
 
 (Actualisé avec nouvelles précisions, sources nommant Deutsche 
Bank parmi les banques visées) 
    SHANGHAI, 30 décembre (Reuters) - La banque centrale 
chinoise a suspendu jusqu'à fin mars certaines opérations d'au 
moins trois banques étrangères sur le marché des changes, a-t-on 
appris mercredi auprès de trois sources ayant vu les avis de 
suspension. 
    Parmi les services suspendus figurent les liquidations de 
positions de clients sur le marché spot et d'autres services 
liés aux transactions transfrontalières, intérieures et 
extérieures du yuan, ont précisé les sources. 
    La Banque populaire de Chine (BPC) n'a pas motivé sa 
décision, ont-elles ajouté, en notant que les banques ont pu 
être ciblées du fait de l'importance de leur activité forex. 
    Par ailleurs, trois sources sur les marchés financiers ont 
déclaré que Deutsche Bank  DBKGn.DE  était l'une des banques 
dont une partie des activités de change en Chine étaient 
suspendues. 
    Une porte-parole de Deutsche Bank à Londres s'est refusée à 
tout commentaire.  
    La décision de la BPC intervient après une série de mesures 
prises par les autorités chinoises pour tenter de stabiliser le 
yuan depuis sa dévaluation surprise du 11 août, qui a entraîné 
d'importantes sorties de capitaux dans la crainte d'un 
ralentissement de la croissance de la deuxième économie 
mondiale.  
    La BPC n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat mercredi 
mais l'Administration d'Etat chargée des marchés des changes 
(SAFE) a fait part mercredi de sa volonté d'augmenter ses moyens 
pour limiter les risques provenant de flux transfrontaliers 
"anormaux". 
    Les sources ont déclaré à Reuters que les autorités avaient 
averti les banques qu'elles fermeraient certains canaux 
d'arbitrage si elles abusaient de l'avantage tiré de l'écart 
entre les différents taux de change. 
    "Cela fait partie des moyens de la BPC pour stabiliser le 
taux de change du yuan", a dit un responsable d'une banque 
étrangère joint séparément. 
     
    ARBITRAGES ILLICITES 
    Une récente enquête d'Asiamoney auprès d'intervenants du 
marché désignait Deutsche Bank  DBKGn.DE  comme la principale 
banque étrangère active sur le forex en Chine, devant Australia 
and New Zealand Banking Group  ANZ.AX , HSBC  HSBA.L , Citigroup 
 C.N  et BNP Paribas  BNPP.PA . 
    Priées de dire si elles avaient reçu l'avis de la banque 
centrale, Citi, HSBC et BNP Paribas n'ont pas souhaité 
s'exprimer. ANZ n'a pas répondu dans l'immédiat. 
    Standard Chartered  STAN.L  et DBS  DBSM.SI , qui effectuent 
également du trading forex en Chine, n'ont pas non plus répondu 
à des demandes d'information. 
    Il y a trois mois, la BPC avait ordonné aux banques de 
contrôler étroitement les transactions forex de leurs clients 
pour empêcher des arbitrages transfrontaliers illicites entre 
les cours du yuan sur le marché intérieur et extérieur. 
    L'écart ("spread") entre les deux cours s'est accru depuis 
la dévaluation de cet été, compliquant les efforts de la banque 
centrale pour gérer sa devise et prévenir des sorties de 
capitaux alors que la croissance chinoise connaît son 
ralentissement le plus marqué depuis 25 ans. 
    Selon les sources, les autorités ont averti les banques que 
la BPC couperait encore plus les canaux utilisés pour les 
arbitrages si elles cherchaient à gagner de l'argent en faisant 
des "carry trades", transactions où elles cherchent à profiter 
du différentiel des taux de change "onshore" et "offshore". 
    Le yuan "onshore"  CNH=CFXS  négocié à Shanghai a perdu 
1,44% de sa valeur depuis la fin novembre, tombant à son plus 
bas niveau depuis quatre ans et demi. 
    Le yuan "offshore"  CNH=D3 , à Hong Kong, a connu une 
trajectoire similaire et touché mercredi matin un plus bas 
depuis septembre 2011 de 6,60 pour un dollar. 
    La dépréciation du yuan a contribué à la baisse de plus de 
400 milliards de dollars (366 milliards d'euros) des réserves en 
devises étrangères de la Chine cette année. 
    "C'est un moyen pour atténuer les pressions sur le yuan", a 
dit un économiste d'un "think tank" d'Etat sous le couvert de 
l'anonymat. "Mais je ne pense pas que les autorités prendront 
des mesures fortes de contrôle des capitaux, elles cherchent 
juste à renforcer les mesures existantes." 
     
 
 (Lu Jianxin et Nathaniel Taplin, avec les contributions de 
Lawrence White et Umesh Desai à Hong Kong et de Kevin Yao à 
Pékin; Véronique Tison pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 

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