Pékin se prépare au grand "défilé de la victoire"

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PEKIN, 2 septembre (Reuters) - Les voitures disparaissent des rues de Pékin et les usines ferment à la veille du grand défilé de la victoire qui verra 12.000 soldats marcher dans les rues de la capitale chinoise jeudi à l'occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Le défilé aura lieu sur la place Tiananmen en présence de militaires russes et de quelques autres contingents étrangers, sous le regard du président Xi Jinping et de ses homologues russe Vladimir Poutine, soudanais Omar Hassan al Bachir ou vénézuélien Nicolas Maduro. La plupart des dirigeants occidentaux seront absents, boudant un événement qui s'apparente selon eux à une démonstration de force de l'armée chinoise et à un message préoccupant quant aux ambitions militaires de Pékin. La municipalité de Pékin a pris des mesures exceptionnelles pour s'assurer que tout se déroulerait sans accroc, restreignant la circulation automobile et fermant des usines situées parfois à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale pour faire temporairement disparaître le brouillard de pollution qui recouvre la ville. Les avions en modèle réduit ont été interdits à la vente, les habitants des immeubles situés sur le chemin du défilé ont reçu ordre de ne pas regarder à leurs fenêtres et les deux principaux aéroports de la ville seront fermés jeudi matin. Le ministère chinois de la Défense a déclaré la semaine dernière que la tenue de ce défilé était avant tout une commémoration de la paix et n'avait aucun "lien direct" avec l'état des relations sino-japonaises, très tendues depuis plusieurs mois. "Le défilé ne vise aucun pays en particulier, ne vise pas le Japon d'aujourd'hui et ne vise certainement pas le peuple japonais", a dit Yang Yujun, porte-parole du ministère. Les médias officiels chinois ne manquent néanmoins pas une occasion de rappeler les horreurs commises par les troupes d'occupation japonaises pendant la guerre et des photos d'atrocités ont été placardées à Pékin. La Chine réclame en vain depuis des années que le Japon se reprente formellement de ses crimes de guerre commis pendant le conflit sino-japonais de 1937-45. (Ben Blanchard; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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