Pékin se défend de tout acharnement contre les groupes étrangers

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par Michael Martina et Xiaoyi Shao PEKIN, 11 septembre (Reuters) - Les trois autorités chargées de la concurrence en Chine ont conjointement et vigoureusement défendu jeudi leurs enquêtes lancées contre des sociétés étrangères - qui suscitent des critiques croissantes hors du pays - et ont démenti cibler les grands groupes internationaux. Pas moins de 30 grandes entreprises étrangères, dont l'équipementier telecom Qualcomm QCOM.O et Miscrosoft MSFT.O , font l'objet de contrôles dans le cadre de l'application par Pékin d'une loi sur la concurrence de 2008, dont certains détracteurs estiment qu'elle est injustement utilisée pour cibler des firmes internationales présentes en Chine. "Notre travail de répression des abus de concurrence est conduit dans le strict respect des réglementations" a déclaré Xu Kunlin, directeur général du bureau de la surveillance des prix, de l'inspection et de la lutte contre les monopoles de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC). "Il est équitable et transparent. Il ne cible pas des acteurs spécifiques du marché, et bien sûr, il ne vise aucune entreprise étrangère ou dans laquelle sont présents des intérêts étrangers." Xu Kunlin a ajouté que l'enquête concernant Qualcomm, était "pratiquement bouclée" et que la NDRC prévoyait de rencontrer le président du fabricant de puces pour mobiles, Derek Aberle, vendredi. Xu Kunlin et ses homologues du ministère du Commerce et de l'Administration nationale de l'industrie et du commerce (SAIC) ont fait front commun jeudi lors d'une rare conférence de presse conjointe, quelques jours seulement après les déclarations jugées rassurantes du Premier ministre chinois lors de l'ouverture du Forum économique mondial à Tianjin. Li Keqiang avait déclaré mardi que Pékin entendait "maintenir la stabilité de ses politiques vis-à-vis des capitaux étrangers". Les représentants des milieux d'affaires européens, américains et japonais se sont alarmés récemment des enquêtes qui les visent sur le marché chinois, les jugeant inéquitables et destinées à servir les objectifs de politique industrielle de Pékin. La présidente de la Federal Trade Commission, l'autorité américaine de la concurrence, Edith Ramirez, a publiquement fait état mercredi de ses préoccupations après des informations sur l'application par la Chine de sa réglementation anti-concurrentielle et sur l'enquête de Pékin à l'encontre de Qualcomm. "Je suis particulièrement préoccupée par ces informations qui laissent penser que la politique d'application est axée sur la réduction des redevances dues par les façonniers locaux dans un but de politique industrielle plutôt que sur la protection de la concurrence et le bien-être des consommateurs surla durée", a-t-elle dit sans faire explicitement référence à Qualcomm. Xu Kunlin a dit avoir lu attentivement les informations en question mais les a jugées restrictives et insuffisamment fondées sur des faits. "Notre communication avec toutes les entreprises sur lesquelles nous enquêtons est très libre", a-t-il insisté. AMENDES RECORDS Les autorités de la concurrence chinoises se sont penchées sur un grand nombre d'industries, incluant les constructeurs automobiles et les firmes de technologies étrangers. La NDRC a imposé le mois dernier une amende record de 1,235 milliard de yuan (154,6 millions d'euros) à des équipementiers automobile japonais pour s'être entendus sur les prix. L'enquête sur Qualcomm pourrait déboucher sur une amende de plus d'un milliard de dollars. Les autorités de la concurrence ont aussi annoncé jeudi qu'elles avaient pour la première fois sanctionné des constructeurs automobiles étrangers pour entente sur les prix, infligeant une amende totale de 36 millions d'euros à Volkswagen VOWG_p.DE et à Chrysler, entité du groupe Fiat FIA.MI . ID:nL5N0RC1HX Interrogé en marge du forum de Tianjin sur le rendez-vous de Derek Aberle avec les autorités chinoises, le directeur général de Qualcomm, Paul Jacobs, s'est refusé à le confirmer. "Nous faisons de bonnes affaires en Chine et nous y travaillons très étroitement avec nos partenaires", s'est-il contenté de dire. La SAIC a de son côté défendu son enquête sur le géant du logiciel Microsoft, auquel elle a donné 20 jours le mois dernier pour lui fournir des réponses sur la compatibilité de son système d'exploitation Window et de sa suite bureautique Office. La directrice générale du bureau de l'application de la réglementation sur la concurrence de la SAIC, Ren Airong, a dit que "beaucoup d'entreprises" avaient rapporté que Microsoft était soupçonnée de pratiques monopolistiques. Les représentants des autorités de la concurrence ont insisté sur le fait que les enquêtes concernaient aussi bien des entreprises chinoises que des entreprises étrangères. Leurs détracteurs soulignent toutefois que les amendes infligées aux entreprises chinoises sont généralement plus faibles. Pékin a sanctionné deux producteurs d'alcools blancs, Kweichow Moutai et Wuliangye, leur imposant une amende de plus de 70 millions de dollars. Des compagnies d'assurances et des cimentiers chinois ont aussi été santionnés. Dans son intervention, Li Keqiang avait fait directement référence aux enquêtes des autorités de la concurrence soulignant qu'elles étaient conduites, "dans le respect du droit, de manière transparente et équitable". Il avait ajouté que seulement 10% des entreprises visées par des enquêtes anti-trust étaient étrangères. (Marc Joanny pour le service français, édité par Benoît van Overstraeten)


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