Pékin minimise un risque de conflit en mer de Chine méridionale-GT

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 (Actualisé avec réaction du porte-parole du ministère chinois 
des Affaires étrangères) 
    par Ben Blanchard et Megha Rajagopalan 
    PEKIN, 5 juillet (Reuters) - Le gouvernement chinois s'est 
attaché mardi à atténuer les craintes d'un conflit en mer de 
Chine méridionale après les éditoriaux d'un influent journal 
appelant la Chine à se préparer à une confrontation militaire 
dans la région. 
    Ce "conseil" est donné dans deux éditoriaux publiés 
simultanément dans les éditions en chinois et en anglais du 
Global Times, journal publié par le Quotidien du peuple, 
l'organe officiel du Parti communiste chinois, à une semaine 
d'un décision arbitrale qui doit être rendue entre la Chine et 
les Philippines.  
    Mardi prochain, la Cour permanente d'arbitrage, dont le 
siège est à La Haye, aux Pays-Bas, doit rendre sa décision au 
sujet d'un différend entre la Chine et les Philippines au sujet 
de la mer de Chine. Les Philippins reprochent notamment à Pékin 
de violer la convention des Nations unies sur le droit de la mer 
et de les empêcher d'exercer leur droit à l'exploitation des 
ressources naturelles et des zones de pêches dans leur propre 
zone économique exclusive.   
    Le Global Times explique que la situation dans la région est 
compliquée par l'intervention des Etats-Unis et par la menace 
que le tribunal fait peser sur la souveraineté de la Chine. 
    "Les Etats-Unis ont déployé deux groupes aéronavals autour 
de la mer de Chine méridionale et veulent envoyer un signal par 
cette démonstration de force : en tant que principale puissance 
de la région, ils attendent obéissance de la part de la Chine", 
lit-on dans le quotidien d'Etat. 
    La Chine doit accélérer le développement de ses capacités de 
dissuasion militaire, ajoute le Global Times. 
    "Bien que la Chine ne puisse pas se mettre au niveau de 
l'armée américaine à court terme, elle devrait être capable de 
faire en sorte que les Etats-Unis paient un prix insupportable 
s'ils interviennent par la force dans le différend en mer de 
Chine méridionale", lit-on dans l'éditorial. 
     
    LE BONS SENS 
    "La Chine souhaite que les différends soient réglés par le 
dialogue, mais elle doit être préparée à une confrontation 
militaire. Cela relève du bon sens dans les relations 
internationales", ajoute le Global Times. 
    Interrogé sur les éditoriaux et sur la probabilité d'un 
conflit en mer de Chine méridionale, le porte-parole du 
ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré 
que le gouvernement souhaitait la paix. 
    "La Chine travaillera avec les pays de l'Asean (Association 
des nations d'Asie du Sud-Est, NDLR) à sauvegarder la paix et la 
stabilité de la mer de Chine méridionale", a déclaré le 
porte-parole lors de son point de presse quotidien. 
    "Nous avons signalé plusieurs fois récemment que, en ce qui 
concerne le différend en question, la Chine n'accepte pas de 
décision qui soit imposée par une tierce partie comme moyen de 
résolution ni aucun projet de solution auquel on la forcerait." 
    Le Global Times, qui n'est pas aussi officiel que le 
Quotidien du peuple, tout en étant très lu dans les cercles du 
pouvoir, est également connu pour son nationalisme militant. 
    La Chine, agacée par les patrouilles américaines en mer de 
Chine méridionale, doit y organiser des manoeuvres militaires à 
partir de mardi et jusqu'au 11 juillet autour des îles Paracels. 
Selon le ministère chinois de la Défense, il s'agit de 
manoeuvres de routine, rapporte le China Daily, un autre 
quotidien officiel chinois, publié en langue anglaise. 
    Les Etats-Unis craignent que la décision du tribunal de La 
Haye n'entraîne la déclaration par Pékin d'une zone 
d'identification de défense aérienne (Adiz) comme il l'a fait 
au-dessus de la mer de Chine orientale en 2013, ou que le 
gouvernement chinois accélère le rythme de construction de ses 
installations dans les eaux disputées. 
    La réponse que prendra la Chine "dépendra totalement" des 
Philippines, écrit le China Daily. "Il n'y aura pas d'incident 
du tout si toutes les parties concernées mettent de côté les 
résultats de l'arbitrage", écrit le China Daily qui ne dit pas 
qui il a interrogé. 
    "La Chine n'a jamais été moteur (...) pour attiser les 
tensions régionales", a ajouté une autre personne interrogée par 
le quotidien. 
    Manille n'entend pas ignorer la décision de la Cour 
permanente d'arbitrage. 
    "En réalité, personne ne veut un conflit, personne ne veut 
résoudre notre conflit de façon violente, personne ne veut la 
guerre. A ce que je comprends, le président aimerait avoir des 
relations plus fortes et meilleures avec tout le monde, y 
compris la Chine, y compris les Etats-Unis, y compris le Japon 
et tous", a déclaré mardi le ministre philippin des Affaires 
étrangères, Perfecto Yasay, à la chaîne de télévision ANC. 
    Il souhaité la mise en place d'un "émissaire spécial" pour 
résoudre le différend.    
 
 (Avec Manuel Mogato à Manille; Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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