Pékin espère une décision rapide de Londres sur Hinkley Point

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    * Le Royaume-Uni réexamine le dossier des réacteurs 
nucléaires 
    * May prudente sur l'investissement chinois 
    * Chine nouvelle déplore les hésitations britanniques 
    * Londres dit vouloir resserrer ses liens avec Pékin 
 
 (Actualisé avec porte-parole de Theresa May) 
    PEKIN, 1er août (Reuters) - Le ministère chinois des 
Affaires étrangères a dit lundi espérer une décision rapide de 
Londres en faveur de la construction de réacteurs nucléaires de 
type EPR à Hinkley Point, actuellement suspendue à une décision 
du gouvernement britannique. 
    L'accord lançant définitivement ce chantier, confié au 
groupe français EDF  EDF.PA  avec une participation de CGN 
(China General Nuclear) représentant un tiers de l'opération, 
devait initialement être signé vendredi dernier. 
    Mais la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May, 
est personnellement intervenue pour repousser la conclusion de 
cet accord, dit-on de source gouvernementale britannique.  
    D'après un ancien membre du gouvernement, les réticences de 
Theresa May s'expliquent principalement par la présence d'un 
investisseur chinois dans le montage, qui risquerait selon elle 
de porter atteinte à la sécurité du pays.   
    L'exécutif britannique fera connaître sa décision finale à 
l'automne, une fois le dossier réexaminé en détail. 
    "Je tiens à souligner que ce projet a reçu l'adhésion de la 
Chine, du Royaume-Uni et de la France dans un esprit de bénéfice 
mutuel, de collaboration et de coopération gagnant-gagnant", a 
réagi Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, dans 
un communiqué transmis à Reuters. 
    La Chine "espère que le Royaume-Uni parviendra à une 
décision aussi rapide que possible afin de garantir une mise en 
oeuvre sans accroc du projet", a-t-elle ajouté, sans entrer dans 
le détail.  
    Interrogée lundi sur le sujet, une porte-parole de Theresa 
May a affirmé que la Grande-Bretagne avait l'intention de 
resserrer ses liens avec la Chine. 
    "Compte tenu du rôle que la Chine a à jouer dans les 
affaires du monde, l'économie, et un vaste éventail de sujets 
internationaux, nous continuons à vouloir bâtir une relation 
plus solide avec la Chine", a-t-elle dit. 
    Elle a toutefois refusé de répondre à la question d'un 
journaliste qui lui demandait s'il fallait lire dans la décision 
de la semaine dernière des inquiétudes relatives à la sécurité. 
     
    CRUCIALE 
    Dans un registre moins diplomatique, l'agence de presse 
officielle Chine nouvelle a dit comprendre le besoin de la 
Grande-Bretagne de se donner un délai de réflexion 
supplémentaire. 
    "Cependant, la Chine ne peut pas comprendre 'l'approche 
méfiante' et sans fondement vis-à-vis de l'investissement 
chinois", peut-on lire dans un éditorial rédigé en anglais, qui 
n'est pas l'oeuvre du gouvernement mais donne une idée de l'avis 
partagé en haut lieu à Pékin. 
    Le projet Hinkley Point est censé créer des milliers 
d'emplois et permettrait au Royaume-Uni de subvenir à ses 
besoins énergétiques à la suite de la fermeture de ses centrales 
à charbon prévue en 2025, insiste l'agence de presse. 
    Toujours d'après Chine nouvelle, la construction des 
réacteurs à Hinkley Point est encore plus cruciale pour le pays 
après la décision prise par référendum de quitter l'Union 
européenne, source d'incertitudes. 
    "L'ouverture au monde est le moyen de s'en sortir", juge 
l'agence officielle. 
    "La Chine est en mesure d'attendre une décision responsable 
de la part du gouvernement britannique, mais ne peut tolérer les 
accusations portées contre son désir sincère de conclure des 
accords gagnant-gagnant", écrit-elle encore. 
    Chine nouvelle met par ailleurs en garde le gouvernement 
britannique contre une décision qui pourrait donner l'impression 
que Londres fait le choix du protectionnisme et détourner ainsi 
les investisseurs chinois et étrangers. 
    Le Royaume-Uni et EDF ont ouvert le dossier Hinkley Point en 
2013. La participation chinoise a été intégrée deux ans plus 
tard à l'occasion d'une visite d'Etat à Londres du président 
chinois Xi Jinping pour célébrer le début d'une nouvelle 
"période dorée" entre les deux puissances. 
    A la fin octobre 2015, EDF, son partenaire chinois CGN et le 
gouvernement britannique ont conclu une série d'accords en vertu 
desquels l'électricien public français devait détenir 66,5% du 
projet et CGN 33,5%. Le coût de construction des réacteurs est 
estimé par EDF à 18 milliards de livres sterling (21,3 milliards 
d'euros environ).      
 
 (Ben Blanchard, Simon Carraud pour le service français) 
 

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