Pékin demande l'aide de Londres pour créer une autorité financière

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    * Pékin veut éviter un nouveau krach boursier 
    * Des responsables chinois en Grande-Bretagne 
    * La Chine hésite à créer une nouvelle autorité plus 
puissante 
 
    par Michelle Price et Benjamin Kang Lim 
    HONG KONG/PEKIN, 15 mai (Reuters) - La Chine a demandé 
l'avis du Royaume-Uni en vue de créer une nouvelle grande 
instance de régulation financière, à l'heure où le pays cherche 
à améliorer sa visibilité sur les marchés après la chute des 
cours de l'année dernière, a-t-on appris de source proche du 
dossier. 
    Les discussions entre les responsables chinois d'une part, 
et le Foreign Office et le Trésor britanniques d'autre part, 
témoignent de la relation de plus en plus étroite qui lie 
Londres et Pékin sur les questions financières.  
    Ce rapprochement intervient malgré la petite phrase de la 
reine Elizabeth II, qui a été filmée récemment en train de dire 
que les responsables chinois qui accompagnaient le président Xi 
Jinping lors d'une visite l'année dernière avaient été "très 
impolis envers l'ambassadeur". 
    Pékin se montre de plus en plus enclin à demander de l'aide 
à l'extérieur pour améliorer la transparence de son système 
financier, réduire le risque systémique et empêcher les 
entreprises de tirer profit des vides juridiques. 
    De sources chinoises et britanniques au fait des discussions 
on indique que des délégations chinoises ont été envoyées à 
Londres au premier trimestre pour étudier le cadre réglementaire 
en la matière. 
    Des responsables britanniques ont eux aussi rendu visite à 
leurs homologues chinois le mois dernier afin de discuter de 
questions financières et juridiques. 
    L'été dernier, les faiblesses de la réglementation chinoise 
sont apparues au grand jour quand les marchés financiers ont 
perdu près d'un tiers de leur valeur en un mois après avoir 
progressé de 150% dans l'année précédente. 
     
    PLUSIEURS OPTIONS 
    Le gouvernement et les régulateurs ont mis en oeuvre dans la 
précipitation une série de mesure pour endiguer le krach, 
notamment des restrictions sur les ventes à découvert et l'arrêt 
des introductions en Bourse tandis que les grands fonds 
d'investissement étaient priés d'acheter plus d'actions. 
    L'intervention a été abondamment critiquée, notamment pour 
son non respect des mécanismes de marché. 
    Reuters avait annoncé en novembre que la Chine envisageait 
de regrouper les autorités de supervision en une seule instance 
régulatrice, qui superviserait le secteur bancaire, les fonds de 
placement, l'assurance et les marchés obligataires. La décision 
n'a pas encore été arrêtée, dit-on de source proche du dossier. 
    Tout projet devra inclure plusieurs options, parmi 
lesquelles le gouvernement chinois choisira, a-t-on ajouté, sans 
préciser si un projet a déjà été présenté. 
    Le Royaume-Uni a opéré une refonte de son système de 
régulation après la crise de 2008, en transférant d'importants 
pouvoirs à la Banque d'Angleterre, qui a désormais la 
responsabilité d'éviter de nouveaux risques aux marchés. 
    Compte tenu des différences de système politique entre les 
deux pays, la Chine ne pourra pas recréer à l'identique la 
formule britannique. Il se pourrait même qu'une telle autorité 
déclenche des rivalités au sein de l'appareil d'Etat. 
    "Le modèle britannique est une référence, mais nous ne 
pouvons pas complètement le répliquer", a dit l'une des sources. 
"Il mérite d'être étudié mais il comporterait des défauts si 
nous le mettions en place en Chine.", a-t-elle ajouté. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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