Pékin définit sa stratégie économique 2014 sur de bonnes bases

le
0
LA PRODUCTION INDUSTRIELLE CHINOISE AUGMENTE DE 10% EN NOVEMBRE
LA PRODUCTION INDUSTRIELLE CHINOISE AUGMENTE DE 10% EN NOVEMBRE

par Kevin Yao

PEKIN (Reuters) - De hauts responsables chinois ont entamé mardi une réunion à huis clos sur la stratégie et les réformes économiques prioritaires en 2014 et ils peuvent s'appuyer sur une récente série d'indicateurs attestant d'une croissance certes ralentie, mais stabilisée.

La production industrielle a ainsi progressé de 10,0% sur un an le mois dernier, un chiffre légèrement inférieur aux attentes, mais les ventes au détail ont augmenté de 13,7%, le chiffre le plus élevé depuis décembre dernier. Quant aux investissements en actifs immobilisés, ils affichent une croissance de 19,9% sur les 11 premiers mois de l'année.

Même si l'objectif de 7,5% de hausse du produit intérieur brut (PIB) fixé pour 2013 semble de plus en plus à portée de main, certains conseillers de Pékin pensent que les autorités pourraient renoncer à un objectif chiffré pour 2013 afin de disposer de marges de manoeuvre plus importantes pour engager les réformes jugées nécessaires.

Plusieurs instituts et cercles de réflexion officiels continuent de débattre de l'opportunité d'un objectif de 7% pour l'an prochain.

Zhao Xijun, directeur adjoint de l'Institut de la finance et des marchés de l'université Renmin de Pékin, explique qu'il a proposé au gouvernement de retenir un objectif allant de 7% à 7,5% de croissance mais il n'exclut pas qu'aucun objectif chiffré ne soit retenu à l'issue de la "Conférence centrale sur le travail économique".

"C'est encore mieux de ne pas annoncer d'objectif, sinon on renforce l'importance du PIB", ajoute-t-il, estimant que le gouvernement peut privilégier la stabilité économique.

La conférence centrale réunit de hauts responsables du Parti communiste, des membres du gouvernement et des dirigeants provinciaux afin de définir une feuille de route économique qui sera dévoilée au Parlement en mars, selon des économistes familiers de ce type de réunions.

Cette année, les débats doivent évidemment prendre en compte le vaste programme de réformes dévoilé le mois dernier, dominé par l'assouplissement de la politique de l'enfant unique et une ouverture accrue des marchés financiers.

LE RÉÉQUILIBRAGE ÉCONOMIQUE RESTE LA PRIORITÉ

Les économistes s'attendent donc à ce que les priorités 2014 incluent les préparatifs d'une libéralisation des taux de rémunération des dépôts bancaires et l'expérimentation d'une convertibilité accrue du yuan dans une nouvelle zone de libre-échange à Shanghaï.

La priorité affichée par Pékin reste de rééquilibrer l'économie chinoise pour favoriser le développement de la consommation et des services alors que la croissance repose pour l'instant avant tout sur les exportations et l'investissement.

Ce processus devrait se traduire par un ralentissement de la croissance, que Pékin se dit prêt à accepter s'il mène à une croissance plus stable à long terme.

Mais l'ampleur de ce ralentissement a surpris au premier semestre 2013 au point que le gouvernement a pris des mesures pour soutenir l'activité.

Ce soutien a permis un redressement de la croissance au troisième trimestre mais de nombreux analystes s'attendaient à une nouvelle décélération sur les derniers mois de l'année. Mais les statistiques publiées mardi montrent que l'économie a poursuivi sur sa lancée en novembre.

Ces derniers jours, d'autres statistiques avaient montré une forte hausse des exportations et plusieurs enquêtes auprès de dirigeants d'entreprise avaient suggéré une augmentation soutenue de l'activité.

"L'économie marche comme sur des roulettes et il n'est pas nécessaire de réviser les prévisions de croissance à la hausse ou à la baisse. Ils peuvent se concentrer sur leurs priorités sans se soucier des politiques de stabilisation", estime Tim Condon, économiste Asie d'ING à Singapour.

Le mois dernier, le Premier ministre, Li Keqiang, avait déclaré qu'une croissance de 7,2% était nécessaire pour empêcher une hausse du chômage.

Certains économistes conseillant le gouvernement estime que celui-ci devrait retenir pour l'an prochain une hypothèse d'inflation de 3,5%, une croissance de la masse monétaire de 13% et une hausse de 20% des investissements en actifs immobilisés.

Avec Koh Gui Qing et Aileen Wang; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant