Peine de mort confirmée pour Mohamed Morsi en Egypte

le , mis à jour à 19:58
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(Actualisé avec réactions USA § 9 et Onu §10) LE CAIRE, 16 juin (Reuters) - La justice égyptienne a confirmé mardi la condamnation à mort de l'ancien président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, pour son implication dans une évasion collective durant le soulèvement de 2011 contre Hosni Moubarak. Interrogé par Reuters, son avocat a annoncé son intention de faire appel. La peine capitale avait été requise le mois dernier, mais devait être confirmée après consultation du grand mufti Chaouki Allam, la plus haute autorité religieuse d'Egypte, dont l'avis non contraignant est sollicité pour chaque condamnation à mort. Mohamed Morsi, destitué il y a deux ans, avait été condamné quelques heures plus tôt à 25 ans de prison dans un autre procès portant sur une affaire de conspiration avec le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais contre l'Etat égyptien. Poursuivis dans le même dossier, le guide des Frères musulmans Mohamed Badie a été condamné à la même peine tandis que trois autres membres de la confrérie, dont son chef de file Khaïrat el Chater, ont été condamnés à mort. Treize autres condamnations à la peine capitale ont été prononcées par contumace. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que ces condamnations constituaient "un massacre du droit et des droits fondamentaux". "Nous appelons la communauté internationale à agir pour le retrait de ces condamnations à mort, prises sur instruction d'un régime putschiste, et pour mettre fin à cette orientation qui présente une grave menace pour la paix de la société égyptienne", déclare-t-il dans un communiqué. "Ce verdict était un clou dans le cercueil de la démocratie en Egypte", a jugé pour sa part, Yahya Hamid, ancien ministre dans le gouvernement du président Morsi et chargé des relations internationales au sein de la confrérie, s'exprimant devant la presse à Istanbul. La Maison blanche est "profondément troublée" par ce qu'elle qualifie de condamnation "pour des motifs politiques", a indiqué Josh Earnest, porte-parole de la présidence américaine. De son côté, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a fait part de sa "profonde inquiétude" face à cette condamnation qui, après des "procès collectifs, pourrait avoir un impact négatif sur les perspectives de stabilité à long terme de l'Egypte". Avant de prononcer ces verdicts, qui sont tous contestables en appel, le juge Chaabane el Chami a rappelé l'histoire des Frères musulmans. Le grand mufti, a-t-il poursuivi, a jugé que la peine capitale pouvait s'appliquer aux prévenus concernés. "A bas le régime militaire !", ont lancé certains d'entre eux à leur arrivé à l'école de police du Caire, où se tenait le procès. Vêtu de la tenue bleue des détenus, Mohamed Morsi, premier président égyptien démocratiquement élu, qui a été déposé par l'armée en juillet 2013, est quant à lui resté calme est souriant à l'énoncé du verdict. Son éviction et sa condamnation ont jeté un froid dans les relations avec les puissances occidentales, mais Le Caire reste l'un des plus proches alliés de Washington dans la région. Barack Obama a levé fin mars le moratoire sur les livraisons d'armes à destination de l'Egypte. (Mahmoud Mourad; Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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