Peine de mort confirmée pour 183 islamistes en Egypte

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(Avec précisions, contexte) par Omar Fahmy LE CAIRE, 2 février (Reuters) - La justice égyptienne a confirmé lundi les condamnations à mort prononcées en décembre dernier contre 183 partisans des Frères musulmans accusés d'avoir tué des policiers. A l'issue d'un procès de masse expéditif, ces hommes avaient été reconnus coupables d'avoir joué un rôle dans la mort de 16 policiers dans la ville de Kerdassa, en août 2013, lors des troubles qui avaient suivi le renversement du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée après de grandes manifestations. Les violences les plus graves, dont celles de Kerdassa, avaient éclaté après le massacre par les forces de sécurité d'environ un millier de partisans du chef de l'Etat issu des Frères musulmans, qui campaient depuis un mois sur la place Rabaa al Adaouiya, au Caire, pour demander qu'il soit rétabli dans ses fonctions. Les nouvelles autorités égyptiennes ont depuis lancé une répression contre la confrérie, déclarée hors-la-loi, tuant ou arrêtant des milliers de ses partisans et condamnant des centaines d'autres à la peine capitale. Les islamistes ont de leur côté multiplié les attaques contre la police et l'armée, particulièrement dans la péninsule du Sinaï où un groupe d'inspiration djihadiste, Ansar Baït al Makdis, a prêté allégeance au groupe Etat islamique, qui a conquis de larges territoires en Syrie et en Irak. La confirmation des condamnations à mort prononcée lundi fait d'ailleurs suite à l'une des vagues d'attaques les plus meurtrières pour les forces de sécurité. Au moins 27 soldats ont été tués la semaine dernière dans des attentats simultanés dans le nord du Sinaï, où l'armée a lancé une vaste opération pour créer une zone tampon à la frontière avec la bande de Gaza. Le Caire accuse le Hamas au pouvoir à Gaza de soutenir les djihadistes, ce que le mouvement palestinien dément. MILITANTE LAÏQUE ABATTUE Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, qui était à la tête de l'armée lorsque celle-ci a renversé son prédécesseur, a également accusé les Frères musulmans d'être derrière cette attaque et prévenu ses compatriotes, pendant un discours télévisé, que le pays devait se préparer à une longue lutte contre les islamistes armés. La répression menée par l'armée et la police vont cependant bien au-delà des sphères islamistes, puisque des dizaines de journalistes et militants laïques, dont plusieurs figures du soulèvement populaire de 2011 contre Hosni Moubarak, ont été emprisonnés. Le 24 janvier, une militante socialiste de 31 ans, Chaimaa Sabbagh, a été tuée pendant une petite manifestation commémorant le quatrième anniversaire du soulèvement du 25 janvier 2011, interdite par les autorités. Selon les organisations de défense des droits de l'homme, les images tournées sur place semblent clairement indiquer qu'elle a été abattue par un policier. Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête tout en niant toute responsabilité. Le ministère a en revanche annoncé ce week-end l'arrestation d'un policier qui a tué un membre des Frères musulmans sur son lit d'hôpital. L'homme était soigné pour des blessures qu'il aurait contractées en posant une bombe, selon le ministère, qui a expliqué que le suspect avait insulté le policier et que ce dernier "avait perdu ses nerfs". (Avec Maggie Fick; Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)

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