Péchenard et Squarcini devront être "évalués", dit Hollande

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FRANÇOIS HOLLANDE ESTIME QUE LES PATRONS DE LA POLICE NATIONALE ET DE LA DCRI DEVRONT ÊTRE "ÉVALUÉS"
FRANÇOIS HOLLANDE ESTIME QUE LES PATRONS DE LA POLICE NATIONALE ET DE LA DCRI DEVRONT ÊTRE "ÉVALUÉS"

PARIS (Reuters) - François Hollande a estimé mercredi que le travail du directeur général de la police nationale et du chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) devrait être "évalué" après la série de meurtres en France.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle a toutefois écarté toute mise en cause du directeur du Raid, l'unité d'élite qui a mené l'assaut contre Mohamed Merah jeudi dernier à Toulouse. Un assaut qualifié de "fiasco" par François Rebsamen, chargé de la sécurité dans son équipe de campagne.

"Il n'y a pas de raison de renvoyer (Frédéric Péchenard) du jour au lendemain", a déclaré François Hollande au micro d'Europe 1.

"Mais enfin il n'y a pas de raison qu'il reste toute sa vie. De la même manière, (Bernard) Squarcini, on regardera ce qu'a été le fonctionnement de son service, il y a eu visiblement un certain nombre de difficultés, de manquements (...) donc à partir de là, il y aura une évaluation du travail des uns et des autres", a-t-il ajouté.

La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a réagi en accusant le candidat socialiste d'annoncer par avance son intention de limoger les deux hommes s'il est élu.

"Je condamne fermement les manoeuvres de déstabilisation de François Hollande à l'égard de ces grands serviteurs de l'Etat", a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

"C'est une manoeuvre de déstabilisation purement indigne et irresponsable à un moment où ils sont en charge de l'enquête contre des réseaux terroristes extrêmement dangereux pour notre pays et je crois vraiment que ça témoigne d'un manque de sens de l'Etat de quelqu'un qui aspire pourtant à exercer les plus hautes fonctions dans notre pays", a-t-elle ajouté.

"POLITIQUEMENT TRÈS LIÉS AU POUVOIR"

Les services de Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, directeurs respectifs de la police nationale et de la DCRI, ont été mis en cause par de nombreux responsables politiques dans la gestion de l'affaire Merah.

Mohamed Merah, qui se revendiquait d'Al Qaïda et a tué sept personnes à Montauban et Toulouse, était connu des services de renseignement français, à la suite notamment de séjours en Afghanistan et au Pakistan.

"Ceux qui ont été installés depuis des années et qui sont forcément politiquement très liés au pouvoir d'aujourd'hui devront être forcément regardés comme pouvant laisser la place parce que c'est légitime", a estimé François Hollande, précisant que ses propos ne concernaient "en aucun cas" le leader du Raid, Amaury de Hauteclocque.

Interrogé sur une différence de point de vue avec le président du groupe socialiste du Sénat, qui a parlé de "fiasco" pour l'opération du Raid, qui a duré plus de 30 heures au terme desquelles Mohamed Merah a été tué, il a assuré qu'il n'y avait "pas deux lignes, (...) pas de contradiction".

"Je demande qu'il y ait toute la clarté, toute la transparence" sur d'éventuelles failles, "ça viendra, je ne suis pas pressé", a-t-il dit. "Bien sûr qu'il eut été préférable de trouver (Mohamed Merah) vivant (...) Nous verrons aux termes de l'enquête qui a dirigé les choses et comment il faut interpréter leur action".

Chine Labbé, avec Yann Le Guernigou à l'Elysée, édité par Patrick Vignal

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