Payet à l'Euro, une évidence dont seul Deschamps doute encore

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Malgré la forme étincelante de Dimitri Payet en Angleterre, Didier Deschamps pourrait se passer de ses services à l'Euro. Une position qui interpelle tant les statistiques et les garanties offertes par le profil de l'ancien Marseillais sont indiscutables.

Ils en sont fans. Partout dans les rues de Birmingham, ils n’ont qu’un nom à la bouche : Dimitri Payet. En six mois, le Réunionnais est devenu une idole outre-Manche. Auteur de sept buts et cinq passes décisives en vingt journées de Premier League cette saison, le milieu de terrain français a fait entrer West Ham dans une nouvelle ère. De club condamné à jouer le maintien chaque saison, l’équipe entraînée par Slaven Bilic est devenue un candidat à l’Europe. Cette saison, avec Leicester, les Hammers sont les seuls à suivre la cadence des gros budgets (Arsenal, Manchester City, Tottenham et Manchester United). Une réussite que West Ham doit grandement à son nouveau meneur de jeu. Car même si Didier Deschamps estime que l’ancien Marseillais évolue parfois à gauche, c’est bien au cœur du jeu qu’il se positionne le plus souvent. Et lorsqu’il a été absent un mois à la fin de l’automne, ses coéquipiers n’ont gagné qu’un seul de leurs sept matchs.

Deschamps : « J’attends plus de lui »

Et pourtant, Dimitri Payet pourrait ne pas participer à l’Euro 2016. Car depuis son départ de l’OM l’été dernier, le joueur de 28 ans n’a plus porté le maillot des Bleus. Ses deux dernières sélections remontent au mois de juin 2015 et des défaites contre la Belgique et l’Albanie. Le pire rassemblement de l’ère Deschamps, ce que paye peut-être Payet aujourd’hui. Car en équipe de France, le natif de Saint-Pierre n’a jamais réussi à montrer toute l’étendue de son talent en quinze sélections. « Je l’ai déjà appelé et je me suis déjà exprimé à son sujet, j’ai dit que j’attendais plus de lui, que ce qu’il faisait avec nous n’était pas suffisant, s’est justifié le sélectionneur sur Canal+ il y a deux semaines. Il était aussi performant à Marseille. Il a quinze sélections. En équipe de France, il ne fait pas la même chose qu’en club. » Pourtant, dans sa zone de jeu, aucun prétendant ne fait l’unanimité actuellement. A commencer par la concurrence lyonnaise. Mathieu Valbuena est au plus mal, Nabil Fekir n’a toujours pas repris et Clément Grenier peine à retrouver son meilleur niveau. Alors certains évoquent un problème comportemental pour justifier les choix du sélectionneur national.

Une arme non-négligeable sur coup-franc

« J'ai déjà raté une Coupe du Monde, je sais ce que c'est. L'Euro est forcément dans un coin de ma tête mais il n'y a pas d'esprit de revanche, a de son côté expliqué Dimitri Payet au Journal de la Réunion le mois dernier. Je suis cool. Il y a un groupe qui a été bâti depuis le début de la nouvelle saison au sein duquel je ne figure pas. C'est comme ça. Il faut vivre avec et je le fais bien. Il faut respecter les choix du sélectionneur. C'est lui le patron. » Pourtant, en équipe de France, dans la liste des candidats à la liste des 23, aucun profil ne semble correspondre à celui du joueur formé à Nantes. Capable de faire des différences seul balle au pied mais aussi de délivrer la passe juste vers l’avant, l’ancien Stéphanois représente surtout une arme non-négligeable sur coup de pied arrêté, un secteur dans lequel les Bleus sont perfectibles. En Angleterre, le Français est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs spécialistes sur coup-franc. Une corde de plus à un arc déjà bien garni.

Anigo : « Je ne vois pas qui peut lui être supérieur »

Ces derniers jours, une voix s’est élevée pour prendre la défense du milieu de West Ham. Celle de son ancien entraîneur à l’OM, José Anigo. Dans les colonnes de France Football, celui-ci n’a pas été tendre avec la position du sélectionneur. « Si la saison de Payet ne me surprend pas, en revanche, j’avoue que la position du sélectionneur à son égard n’en finit pas de m’interpeller. Il va falloir être fort dans l’argumentation, même si là je crois que l’on peut lui faire confiance, pour me faire admettre que Payet n’a actuellement pas sa place en équipe de France. Pourtant, lui au moins, il est bien français, non ? », tonne l’ancien directeur sportif marseillais, en référence à la boulette de Didier Deschamps dans le dossier Kalidou Koulibaly. « Même s’il a visiblement la rancune tenace, le sélectionneur ne pourra pas continuer très longtemps à l’ignorer si Payet poursuit sur ce rythme-là. Actuellement, dans ce rôle-là, je ne vois pas qui d’autre peut lui être supérieur. Ce serait même inquiétant d’envisager de laisser un tel potentiel à la maison l’été prochain. » Mais chaque liste ou presque surprend par une absence de marque. En 1998 par exemple, Nicolas Anelka, révélé à Arsenal, n’avait pas été convié par Aimé Jacquet. En 2010, Raymond Domenech s’était passé d’un Samir Nasri rayonnant avec ces mêmes Gunners. A chaque fois, c’est déjà l’écart de conduite au sein du groupe qui avait été craint.  

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