Payer par carte bancaire désormais possible dans tous les taxis

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Depuis ce vendredi, chaque client peut régler sa course par carte bancaire dans n'importe quel taxi. Du moins, en théorie. Une nouvelle qui ne fait pas tout à fait l'unanimité.

«Je ne prends pas la carte, il faut s'arrêter à un distributeur.» La phrase que chacun a déjà entendu dans un taxi ne devrait être qu'un mauvais souvenir. En théorie seulement. Si tous les taxis ont désormais l'obligation de disposer d'un terminal de paiement électronique, la loi ne dit pas qu'ils sont obligés de s'en servir.

La loi Thévenoud d'octobre 2014 définit les taxis comme véhicules «munis d'un terminal de paiement électronique». Un texte qui n'oblige pas clairement ces derniers à l'utiliser et donc accepter les cartes bancaires. De plus, le code du commerce n'a pas été modifié et n'oblige les artisans et indépendants qu'à proposer deux types de paiement. «C'est la première fois qu'une profession a cette obligation», s'insurge Pascal Wilder, secrétaire général de la Fédération nationale des taxis indépendants. Une fois n'est pas coutume, ce sont les voitures de tourisme avec chauffeur qui sont pointés du doigt. Certains chauffeurs s'offusquent que ces derniers ne soient pas soumis à la même réglementation. «Les VTC ont beau avoir certaines contraintes comme l'interdiction de stationner sur la voie publique ou encore la maraude électronique, ils ne les respectent pas», s'insurge Yann Ricordel, directeur général de Taxis bleus.

Répondre aux exigences des clients

En fait, l'obligation est entrée en vigueur depuis le 1er janvier dernier. Les chauffeurs bénéficiaient jusque là d'une période de tolérance lors des contrôles à titres uniquement pédagogiques. La plupart des représentants de taxis accueillent toutefois la nouvelle avec le sourire. Il faut dire que cette petite révolution doit permettre aux taxis de faire face à l'essor des VTC qui ont fait leur succès sur la facilité de paiement. Les grandes chaînes de taxi, qui proposaient déjà pour la plupart ce service, se félicitent que l'ensemble de la profession se mettent «enfin aux exigences des clients». «Cette image de modernité de la profession ne peut que nous servir. D'autant que les modes de consommation ont évolué. Un certain nombre de clients vont prendre le taxi plus facilement, notamment dans les villes, gares et aéroports», explique Alain Grizet, président de l'Union nationale de taxis.

«Cela fait 20 ans que tous nos taxis sont équipés de terminaux électroniques. Le problème c'est que toute la profession ne nous ait pas suivis. Mais la loi ne suffit pas. Il faut que la carte bancaire soit acceptée systématiquement sans montant minimum. Dans le marché concurrentiel actuel, c'est devenu un must absolu. Nous en sommes au paiement directement par appli smartphone et nous mettons en place une garantie satisfait ou remboursé si le client n'a pas pu payer par carte bancaire», affirme Serge Metz, patron de G7.

Reste que le coût des terminaux de paiement crispe les chauffeurs indépendants non-affiliés à un grand groupe. «On nous oblige à nous équiper avec des conséquences financières alors que quelque part, on ne doit pas forcément l'utiliser», commente Alain Grizet de l'UNT. «Ça engendre des coûts dont on pourrait se passer. D'autant qu'aujourd'hui, on peut utiliser des paiements beaucoup plus modernes», ajoute-t-il. Les taxis affiliés à de grandes chaînes n'ont pas ce problème. L'équipement et l'assistance sont compris dans la redevance qu'ils paient chaque mois à l'entreprise. Chez Taxis bleus, le montant s'élève à 300 euros mensuels. «En cas de panne, on a même, depuis dix ans, une ligne dédiée pour que les chauffeurs et clients puissent procéder au paiement par téléphone», assure Yann Ricordel, dirigeant de Taxis bleus.

Concernant le prix de l'appareil, il faut compter 40 euros par mois pour une location ou 400 euros pour un achat assorti d'un abonnement mensuel de 15 euros par mois pour la transmission des données via une carte sim. De nouveaux appareils beaucoup moins chers proposent désormais de fonctionner avec le réseau du téléphone portable du chauffeur.

Les plus réticents sont les taxis indépendants qui roulent dans des zones rurales. «Leur clientèle ne représente quasiment que du transport médical. Le règlement ne se fait pas par carte. Il y a aussi le problème du réseau et des zones blanches. C'est parfois difficile de procéder au paiement par carte bancaire en pleine campagne. Ça m'est arrivé en Haute-Savoie. Il a fallu redescendre au village», raconte Pascal Wilder, secrétaire général de la Fédération nationale des taxis indépendants.

Cette loi permet aussi d'encadrer l'activité des chauffeurs de taxi, souvent réputée pour ne pas être complètement déclarée au fisc. Le paiement par argent liquide largement répandu sert souvent à des particuliers d'arrondir leurs fins de mois. Une accusation que rejettent, sans surprise, les chauffeurs de taxi. L'État nous majore, de toute façon, notre bénéfice de 25%. Alors que la fraude reste marginale et de plus en plus chez les VTC», répond le responsable de la Fédération nationale des indépendants. «Si le premier objectif de cette loi est de mieux servir le client, c'est derrière dans une optique de rentrée fiscale», assure, de son côté, un spécialiste.

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