Paul Watson dit être en mer

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Président-fondateur de l'ONG de protection de l'environnement Sea Shepherd, Paul Watson est de nouveau prêt à en découdre.
Président-fondateur de l'ONG de protection de l'environnement Sea Shepherd, Paul Watson est de nouveau prêt à en découdre.

En fuite et introuvable depuis de longues semaines, le capitaine se trouverait à bord d'un navire de l'ONG qu'il a fondée et préside. Prêt à encore en découdre avec les baleiniers japonais.



Sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités du Costa Rica, qui l'accusent d'avoir mis en danger la vie de l'équipage du bateau Varadero en marge du tournage d'un documentaire sur le shark finning en 2002, Paul Watson avait été appréhendé le 13 mai dernier alors qu'il était en transit à l'aéroport de Francfort (Allemagne). Libéré sous caution puis assigné à résidence, dans l'obligation de pointer quotidiennement au commissariat, le président-fondateur de l'association de protection de l'environnement Sea Shepherd, dans le collimateur du Japon depuis de longues années ? M. Watson lui impute d'ailleurs ses ennuis judiciaires -, qui savait qu'il allait être extradé, est finalement parvenu à s'enfuir.


Selon ses dires, il aurait ensuite mis quatre mois à rallier l'Australie en traversant « deux océans et un nombre incalculable de rivières, franchissant trois chaînes de montagne, un désert, des lacs et des dizaines de villes ». Une épopée de plus pour celui que l'on surnomme parfois « le pirate écolo » et qui, malgré la cavale, le poids des années et l'accumulation des désillusions devant la passivité voire l'inaction des gouvernements, n'a rien perdu ni de sa détermination, ni de sa superbe.


«Je foule à nouveau le pont du Steve Irwin », qui a quitté le port de Melbourne (Australie) le 5 novembre pour venir ferrailler contre les baleiniers japonais, suivant un rituel immuable depuis près d'une décennie, a indiqué le capitaine sur le site Internet de l'ONG avant-hier. Baptisée « Tolérance Zéro », la campagne de cette année est la plus ambitieuse de l'histoire de Sea Shepherd.




Le Japon va réagir



Y sont en effet associés quatre bateaux, un hélicoptère, trois drones ainsi qu'une centaine d'environnementalistes. Le but n'a évidemment pas changé : il s'agit d'empêcher les navires nippons de capturer des centaines de baleines, au nom de la protection d'une biodiversité marine de plus en plus érodée et dont les cétacés sont incontournables.


Rappelons également que Sea Shepherd a officiellement lancé les « hostilités » plus tôt qu'à l'accoutumée, de sorte à pouvoir contrarier la progression des baleiniers dès le Pacifique Nord, au large du Japon. « Apparemment, ils nous ont crus », s'est gaussé M. Watson, lequel a assuré que l'ONG n'avait en réalité « jamais eu l'intention de faire route vers le nord ». « Nous les attendons dans le sud, avant qu'ils atteignent le sanctuaire des baleines dans l'océan Austral », a-t-il expliqué.


Interrogé par nos confrères de l'AFP quant à la présence du capitaine en mer, Takaaki Sakamoto, l'un des responsables de l'agence des pêcheries japonaises, a de son côté fait savoir que des discussions seront amorcées « avec les ministères concernés au sujet de la façon dont le Japon réagira à la présence de M. Watson ». Il eut certes été surprenant que Tokyo, qui viole allègrement le moratoire commercial instauré par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1986, reste sans réaction.


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