Patronat et syndicat menacent de ne plus gérer le 1 % logement 

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Un nouveau scandale frappe un organisme collecteur.

Encore une affaire croquignolesque dans le monde des HLM. Cette fois-ci, elle est dénoncée par Action Logement, l'ex- «1 % logement», qui collecte 0,45 % de la masse salariale dans les entreprises de plus de 20 salariés pour attribuer des prêts à des taux intéressants aux candidats acheteurs. Selon cet organisme, Jean-Hervé Carpentier, qui dirigeait jusqu'à début 2009 Cilova, un organisme collecteur du 1 % logement dans l'Oise, perçoit une retraite-chapeau bien trop élevée. Par ailleurs, une plainte a été déposée contre ce dirigeant pour abus de bien social. Et ce nouveau scandale ne concerne pas n'importe qui : l'intéressé a été entre 2007 et 2009 le président de l'Anpeec (Agence nationale pour la participation des employeurs à l'effort de construction), la structure chargée de contrôler les collecteurs du 1 % logement.

Quant aux autres affaires de turpitudes financières ayant éclaté depuis plus d'un an dans des organismes collecteurs, elles continuent d'alimenter la chronique. «L'ex-directeur général de Solendi, Christian Gazet du Châtelier, qui avait touché un parachute de 1,3 million d'euros lors de son départ à la retraite en 2007, a remboursé 550.000 euros, explique Jérôme Bédier, président de l'UESL (Union de l'économie sociale pour le logement) qui chapeaute Action Logement. Nous négocions encore pour que sa retraite-chapeau soit baissée et ne représente pas plus de 20 % de son dernier salaire (plus de 600.000 euros).»

Ces épisodes ne doivent pas faire oublier l'essentiel : depuis début 2009, le mouvement s'est réformé en profondeur. «Les organismes collecteurs ont été regroupés, explique Jérôme Bédier. Aujourd'hui, on en recense 22, contre 109 auparavant. Dorénavant, ils sont mieux structurés et peuvent plus facilement traiter avec leurs interlocuteurs, les syndicats de communes, les salariés et les entreprises. Leur suivi est aussi plus simple.»

Des fusions en chaîne

Mais si ce vaste mouvement de fusions va donner lieu à des économies d'échelles (30 millions dans deux ans) pour les organismes collecteurs, leur situation financière est médiocre : 5 sur 22 seront dans le rouge dès cette année, une quinzaine devrait l'être en 2011, conséquence des contributions très importantes demandées à l'ex-1 % logement pour subventionner l'Anah (480 millions) et l'Anru (770 millions) annuellement entre 2009 et 2011.

Action Logement, qui prépare d'ores et déjà ses négociations avec l'État pour la période 2012-2014, souhaite baisser le niveau de ses subventions pour redévelopper son activité traditionnelle des prêts qui génère des revenus en retour. «Nous voudrions que ces subventions se limitent à un maximum d'un milliard par an», avance Jérôme Bédier. Et si un accord avec les pouvoirs publics n'est pas trouvé ? «Dans ces cas-là, les partenaires sociaux qui gèrent Action Logement se retireront du mouvement», menace Jérôme Bédier.

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