Patrimonia : des CGPI et des professionnels sans grand moral

le
0
(NEWSManagers.com) - Avec 215 partenaires cette année contre 220 l'an dernier, les organisateurs de la Convention Patrimonia à Lyon affichaient clairement leur satisfaction. En dépit de la disparition du paysage de certains acteurs tel que le groupement de conseillers en gestion de patrimoine indépendants Advisiale, la barre est maintenue, les exposants étant à 40 % issus du secteur de la finance (société de gestion, produits structurés, non cotés), 20 % de l'immobilier, 20 % de l'assurance et le solde composé de sociétés informatiques développant des logiciels et des progiciels de gestion de patrimoine, etc.

Quant au nombre de visiteurs, en attendant les chiffres officiels, les organisateurs tablent sur plus de 6.000 personnes. Si tel était le cas, il s'agirait peu ou prou du même nombre de visiteurs que l'an dernier. Pour autant, ce bon résultat ne doit pas faire illusion. Cette année encore, affluence et optimisme n'allaient pas de pair dans les travées du salon et le comportement " frileux" des CGPI pour les produits en théorie les plus risqués était encore de mise. De fait, à l'occasion d'un atelier jeudi sur les actions européennes, Didier Bouvignies et Marc Renaud, respectivement associé-gérant chez Rotschild & Cie et président de Mandarine Gestion, ont eu beau noter une prime de risque anormalement élevée sur les actions, relever une valorisation des titres européens à un niveau historiquement bas par rapport aux titres américains et considérer que la hausse des actions n'était pas terminée, ils n'ont pu faire autrement, au jeu des préconisations, de conseiller un fonds actions ? respectivement R Conviction Euro et Mandarine Reflex ? et... deux fonds flexible ou diversifié - Mandarine Reflex et R Club. Il était question, cette fois, de répondre à la demande... " Aujourd'hui, on gère le risque et on ne gère plus la performance" , a regretté Didier Bouvignies. " Or si on veut des résultats, il faut du risque" , a-t-il ajouté en rappelant que les clients se souviennent de la performance mais pas de la volatilité...

Il n'empêche. En matière de fonds d'investissement, les années se suivent et se ressemblent. Autrement dit, les fonds diversifiés ont été, comme l'an dernier, les plus recherchés. Au détriment des fonds actions purs mais également des fonds crédit, moins en vue. Sur le stand de Carmignac Gestion par exemple, où l'on a noté l'absence de questions sur la transaction passée avec l' AMF (voir Newsmanagers du 24/09/2012), les demandes d'informations sur Carmignac Patrimoine, Carmignac Emerging Patrimoine et les profils réactifs de la gamme profilé ont été les plus nombreuses. Chez Invesco AM, Ibra ( Invesco Balanced Risk Allocation Fund) était présenté comme le fonds vedette avec plus de deux milliards d'encours, en dépit du rally boursier dont il n'a par nature que partiellement profité (+6,6 % depuis le début de l'année).

Dès lors que l'on sortait des OPCVM, la volonté des CGPI de minorer les risques s'est traduite par une forte demande dans le domaine de l'immobilier. Dans ce cadre, la Française AM qui propose à la fois des OPCI et des SCPI grand public ? l'immobilier représentant environ 7 milliards d'euros sur les 36 milliards d'euros d'actifs sous gestion de la maison ? s'est taillé un beau succès. Enfin chez OFI AM, ou les fonds " madoffés" épinglés par la Commission des sanctions de l' AMF n'ont pas non plus suscité d'inquiétudes particulières selon les responsables commerciaux, l'intérêt des investisseurs s'est également porté sur les actifs réels et des produits à même protéger le capital comme le dernier placement d'OFI AM lancé avec l'UMR. Cette évolution de la demande rencontrait aussi un écho particulièrement favorable auprès de certains professionnels présents sur le salon. Interrogé par Newsmanagers, Stéphane Girardot, directeur de l'expertise patrimoniale, marketing, communication chez Banque Privée 1818 a vu, compte tenu de l'alourdissement de la fiscalité, et de la baisse des rendements, une nouvelle ère faite d'opportunités pour l'ingénierie financière dans la gestion de fortune. Et le retour à des placements moins classiques tels les groupements forestiers...

Ce sentiment était-il partagé par les représentants des sociétés de gestion présents à Patrimonia ? Toujours est-il qu'une responsable des recrutements d'une grande société de gestion présente à Lyon avouait jeudi après-midi déjà avoir reçu un nombre " très élevé" de propositions de CV de la part des commerciaux présents...
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant