Patrick Rivière (UFG-LFP) : « Nous visons 50 milliards d'euros d'encours dont 5% à l'international »

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Deux ans après le rapprochement d'UFG avec La Française des Placements (LFP), le groupe vise 50 milliards d'euros d'encours explique Patrick Rivière, directeur général de UFG-LFP.

Deux ans après le rapprochement d'UFG avec La Française des Placements (LFP), quel premier bilan tirez-vous ?

Patrick Rivière : Le rapprochement entre les deux structures obéissait à deux logiques complémentaires : chaque entité apportant ses compétences à la clientèle de l'autre. UFG disposait d'une clientèle essentiellement « retail » tandis que LFP avait une clientèle plus institutionnelle. En 2010, nous avons réalisé une collecte nette de 1,1 milliards d'euros (dont 800 millions de rachats sur le monétaire) et nous gérons 35 milliards d'euros d'encours, ce qui fait de nous un acteur significatif de la gestion d'actifs en France.

Comment adaptez-vous votre offre aux demandes de votre clientèle ?

P.R : Nous avons décidé de segmenter notre activité en fonction de la clientèle et non en fonction des produits proposés. Notre groupe dispose d'une expertise particulière sur l'immobilier français. Nous proposons aussi une large gamme en produits fixed income (taux), en gestion alternative etc.

L'ISR est-il une priorité pour vous ?

P.R : Nous sommes entrés il y a trois ans sur le marché de l'ISR en rachetant la filiale française de la banque suisse Sarasin. L'entité LFP-Sarasin est le pôle de gestion ISR de notre groupe. Nous développons notamment une expertise sur l'ISR immobilier portant sur des immeubles de bureaux faiblement consommateurs d'énergie etc. C'est un thème important sur lequel nous sommes présents pour le long terme mais qui nécessite d'être mieux expliqué à la clientèle.

Quelles sont vos ambitions en France ?

P.R : Le marché des institutionnels est difficile en raison de l'adoption des normes Solvency II qui contraignent les assureurs, composante essentielle de ce marché avec les caisses de retraites. Ces dernières subissent par ailleurs une diminution de leurs ressources avec le vieillissement de la population. Le marché « retail » (gestion privée et CGP) poursuit en revanche son développement dans une logique d'architecture ouverte. Nous détenons déjà des positions significatives sur ce marché, un atout car il nécessite de gros moyens pour se développer.

Et à l'international ?

P.R : C'est la raison principale de notre rapprochement car grandir hors de France nécessite également des moyens que nous avions du mal à réunir en gardant nos entités séparées. Ce développement à l'international passe par notre plate-forme luxembourgeoise. A trois-quatre ans, nos encours à l'international pourraient représenter 5% de nos encours, soit 2,5 milliards si nous atteignons les 50 milliards d'encours.

Vous envisageriez de changer de nom. Pourquoi maintenant ?

P.R : Au moment du rapprochement, nous voulions garder les deux marques UFG et LFP pour bien signifier qu'il s'agissait d'un mariage entre égaux. En France, nous aurions pu continuer à fonctionner avec le nom UFG-LFP car nos clients nous identifiaient bien. C'est à l'international que ce nom est plus difficile à prononcer et à « vendre ». Dans ce contexte, un changement de nom s'impose.

Croyez-vous au rebond durable des marchés actions ?

P.R : La bonne résistance des cours de Bourse s'explique par les bons résultats des entreprises et par le maintien de politiques monétaires très accommodantes. Si le contexte reste perturbé en Europe par la crise des dettes souveraines, celle-ci n'est pas pour autant si défavorable aux actions. L'appréciation du risque a beaucoup changé. Les obligations souveraines n'apparaissent plus comme des placements sans risque.

Propos recueillis par Julien Gautier

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