Patrick Artus : «Un risque de krach obligataire»

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Patrick Artus est directeur de la recherche et des études économiques de Natixis.

LE FIGARO. - Qui est responsable de ces nouvelles bulles?

Patrick ARTUS. - La politique monétaire expansionniste mise en place après la crise qui maintient les taux d'intérêt à long terme bien en deçà des taux de croissance nominaux. Au Canada, les taux à 10 ans sont à 2% alors que la croissance nominale atteint 6%. Ce phénomène existe aussi en Allemagne, aux Pays-Bas et surtout en Australie.

Y a-t-il une bulle immobilière en France?

Difficile à dire. Cela dépend de la définition que l'on donne de la bulle. Si l'on compare les prix immobiliers en France aux revenus disponibles, oui il y a une bulle! Les prix sont clairement trop élevés. Mais ces prix n'ont rien de spéculatif. Ils reflètent une insuffisance d'offre par rapport à la demande. C'est un mécanisme de rareté qui est à l'œuvre.

Quel est le danger financier?

Quand les banques centrales retireront leur soutien à l'économie et que les taux d'intérêt remonteront, il y aura un risque de krach obligataire, car les taux d'emprunt des États sont maintenus artificiellement bas aujourd'hui. Les taux d'emprunt des États à dix ans sont des références pour les emprunts immobiliers. S'ils remontent, cela fera mal. Sur l'immobilier, c'est en Australie que le risque d'éclatement de bulle est le plus fort. Avec de graves conséquences pour l'économie réelle. Tout le monde s'en inquiète déjà, sauf les Australiens! Et pourtant, cela fait penser à l'Espagne en 2006…

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