Patrice Garande dresse un bilan très positif de 2015

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Patrice Garande dresse un bilan très positif de 2015
Patrice Garande dresse un bilan très positif de 2015

S'il regrette que ses joueurs n'aient pas joué comme ils le devaient le choc contre le PSG samedi (0-3), Patrice Garande n'en oublie pas pour autant le parcours exceptionnel de ses hommes au cours de l'année 2015.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CAEN

Patrice Garande, quel regard portez-vous sur la prestation de vos joueurs samedi contre le PSG (0-3) ?
Ça a été super pendant un quart d’heure et à partir de l’ouverture du score, ça a été très compliqué. De toute façon, on sait que ça va l’être quand on joue Paris. On a fait illusion jusqu’au but, parce qu’on n’a pas trop mal commencé ce match. Mais on s’est liquéfié par la suite, on a été trop spectateur à la récupération du ballon et on a manqué d’agressivité sur le porteur. Surtout, on a été poussif dans l’utilisation du ballon, pour ne pas dire plus.

Avez-vous ressenti de la panique chez votre équipe après le premier but ?
Quand on prépare un match contre Paris, une des meilleures équipes d’Europe, on se conditionne pour croire qu’il est possible de faire quelque chose. Plus le match avance, plus le temps passe, si vous ne prenez pas de but et que vous êtes toujours là, vous pouvez vous dire que c’est réellement faisable. Mais quand vous prenez un but au bout d’un quart d’heure, vous avez le sentiment que vous n’allez pas y arriver.

Quel a été votre discours prononcé aux joueurs à la mi-temps ?
J’ai juste parlé de l’attitude. Je leur ai dit que si on voulait poser des problèmes à cette équipe, il fallait qu’on ait un autre comportement. Le mot d’ordre, c’était de jouer ce match, de ne pas les regarder. Il fallait aller les chercher, être plus agressifs. Il fallait aussi avoir une maitrise technique bien meilleure. On a été incapable de sortir proprement un ballon, on a donné des passes directement à l’adversaire. Quitte à perdre, on aurait dû jouer avec un bloc haut et être actif. On a été trop passif. Il y a un semblant d’illusion à la fin, parce que Paris a arrêté de jouer. Mais il faut provoquer les choses, même si on sait que c’est monstrueux en face.

« Ils sont sur une autre planète »

Le PSG a affiché 78% de possession en première période. Que vous inspire ce chiffre ?
Prenez les statistiques des autres équipes contre Paris, ce sont les mêmes. Je l’avais dit avant : « Ne vous emmerdez pas avec ses stats-là ». Par contre, on savait que le peu de temps qu’on allait avoir le ballon, il fallait bien l’utiliser pour leur poser des problèmes.

Votre vrai regret finalement, n’est-ce pas que vos joueurs n’aient pas fait le match que vous attendiez d’eux ?
C’est exactement ça. Avant le match, j’ai remercié les joueurs pour ce qu’ils ont fait depuis le début de la saison et dans cette année 2015. Je leur dit que je prenais un pied pas possible à les entraîner tous les jours, qu’ils avaient réussi quelque chose d’exceptionnel et qu’on avait ce confort. Ce que je voulais, c’est qu’on le joue ce match. Il ressemble à celui de la saison dernière, même si la deuxième période avait été meilleure que ce qu’on a fait là. Mais ils sont sur une autre planète par rapport à nous.

Comment pourriez-vous qualifier cet écart de niveau ?
Ils sont au-dessus de tout le monde. A mon sens, ils ont beaucoup progressé dans le sens où ils prennent les matchs par le bon bout et s’ils peuvent vous mettre six buts, ils vous en mettent six. La saison passée, après qu’ils aient ouvert le score, ils restaient tranquilles. Ce sont de vrais compétiteurs. Ils sont beaucoup plus performants dans la récupération du ballon, dans le pressing. (Angel) Di Maria amène aussi un plus qu’ils n’avaient pas la saison passée.

« Le Mercato m’inquiète »

Le PSG a maintenant 19 points d’avance sur son dauphin et écrase tout sur son passage en Ligue 1...
C’est une différence mathématique qui est le reflet de ce qu’il se passe sur le terrain. Ça ne me choque pas, je me réjouis d’avoir une équipe comme ça dans le championnat. Jouer contre eux, ça ne peut que nous faire progresser, à condition de jouer les matchs, histoire d’en tirer des enseignements techniques et tactiques sur notre marge de progression. On n’est pas habitué à ça en France. Mais derrière le Bayern et Dortmund, où sont les autres en Allemagne ? En Espagne, il y a trois clubs. C’est comme ça. On doit s’en réjouir. Ils sont dans une saison où tout roule. C’est leur année et même en Ligue des Champions, je pense qu’ils vont le faire.

La fin d’année, c’est l’heure des bilans. Quel est celui que vous tirez après une année où votre équipe a pris 61 points en 38 matchs ?
Je le trouve fantastique. Après ce qu’on a vécu la saison passée, avec quinze points à la trêve et tout le monde qui nous voyait déjà condamnés, réussir à se maintenir en Ligue 1 était déjà un exploit. Etre dans la continuité sur les six derniers mois, c’est exceptionnel. C’est vraiment une belle année, mais il ne faut pas s’arrêter là. Il y a les fondations pour continuer. C’est pour ça que j’ai émis le souhait aux joueurs à la mi-temps qu’ils se reposent bien pendant la trêve et qu’ils ne changent pas. Il faut qu’ils reviennent avec le même état d’esprit que celui qu’ils avaient à la reprise le 30 juin, parce qu’il y a de belles choses à faire.

Redoutez-vous justement qu’il y ait un changement au mois de janvier ?
Je connais tous mes joueurs, je ne pense pas que ça arrivera. Rien que sur ce match contre le PSG, il y a eu un changement d’attitude, même si les joueurs ne le font pas exprès. Il faut être vigilant. C’est surtout le Mercato qui m’inquiète. Ca génère toujours des choses, positives quand vous êtes actif pour améliorer votre groupe ou négatives quand vous avez tout ce qu’il faut et que des joueurs sont demandés après une bonne première moitié de saison. Il faut que les têtes restent bien sur les épaules. C’est ça que je crains.

« L’objectif reste d’être encore en L1 »

Débuter l’année 2016 par un match contre l’OM en Coupe de France devrait vous épargner tout relâchement...
Enchaîner Marseille, Angers et de nouveau Marseille, ça nous obligera à dedans tout de suite au niveau de l’état d’esprit. Je suis plutôt content de commencer par des matchs comme ça. On verra si j’ai raison quand on jouera ces rencontres.

N’avez-vous pas peur que tous les efforts consentis par les joueurs depuis un an finissent par se payer ?
Je ne sais pas pourquoi vous dites ça. Toutes les équipes jouent le même nombre de matchs en championnat. En tout cas, ce n’est pas un domaine qui m’inquiète. Les joueurs travaillent bien, récupèrent bien. Mon préparateur physique bosse bien. Je leur laisse cinq semaines complètes de vacances l’été. Je fais très peu de matchs amicaux pendant les trêves internationales, parce que je préfère leur laisser trois jours pour qu’ils puissent se régénérer. Je n’ai pas beaucoup d’inquiétude.

Avec 30 points à mi-saison, les objectifs peuvent-ils changer ?
Pour l’instant, l’objectif reste d’être encore en Ligue 1 la saison prochaine. J’ai de la mémoire. Des équipes à trente points l’année dernière n’en ont pris que quinze sur les matchs retour. On n’est pas à l’abri de ça. C’est très serré. Le seul écart que je regarde, c’est celui qui nous sépare du premier relégable. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas d’ambition, mais il ne faut pas se projeter sur un autre objectif. Quand on aura la certitude d’être en Ligue 1, on verra si on est en mesure de jouer autre chose. Si on regarde le match d’aujourd’hui, la réponse est toute trouvée.

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