Patinage: objectif modeste pour la France aux Mondiaux

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FABIAN BOURZAT ET NATHALIE PÉCHALAT VISENT LE PODIUM AUX MONDIAUX DE PATINAGE
FABIAN BOURZAT ET NATHALIE PÉCHALAT VISENT LE PODIUM AUX MONDIAUX DE PATINAGE

par Sophie Greuil

NICE (Reuters) - Douze ans après, les championnats du monde de patinage artistique reviennent à Nice où l'équipe de France espère, dit Didier Gailhaguet président de la Fédération, "une à deux médailles".

"Gagner une médaille serait formidable, deux, serait exceptionnel, plus, on ne pense pas l'envisager parce qu'il faut rester modeste, respecter son adversaire", précise-t-il.

De fait, avec trois couples et trois patineurs en individuel engagés, la France n'a pas les moyens de dépasser une moisson de plus de deux médailles.

Pour gagner un titre, Didier Gailhaguet compte avant tout sur le couple de danseurs Fabian Bourzat-Nathalie Péchalat, champions d'Europe en 2011 et 2012.

Le nez cassé, depuis un choc à l'entraînement le 13 mars dernier, Nathalie Péchalat a repoussé le forfait et l'opération.

"Ma fracture est propre, à la verticale. Je n'aurais, donc, pas besoin de mettre un masque pour contenir les vibrations. Je porterai juste un 'tape', un pansement couleur chair. Les spectateurs ne le verront même pas", dit-elle.

Avant de s'élancer mercredi dans le programme court, la patineuse rassure les médias à la faveur d'une conférence de presse sur une terrasse en plein soleil: "Je vais bien. Et, maintenant, j'aimerai qu'on ne me parle plus de cette blessure pour nous laisser nous concentrer sur la compétition".

Après leur cinquième place mondiale en 2010 puis leur quatrième en 2011 et 2012, le couple, qui n'en est pas un dans la vie s'entraîne aux Etats-Unis avec un entraîneur russe et patine sur un thème égyptien, vise le podium.

La dernière médaille française en danse sur glace remonte à 2008 avec l'or d'Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder.

La seconde médaille, l'équipe de France aimerait la voir autour du cou du bondissant Florent Amodio, 21 ans.

"LA GLACE CONSERVE"

Champion d'Europe en 2011, troisième cette année, le patineur qui monte certifie être en grande forme après une "petite élongation", il y a un mois.

"Mon corps va bien. Ma tête va bien. Mes patins vont bien (...) j'ai envie de tout bouffer", dit-il. "J'attends, avec impatience, d'être porté par le public français, de bien bénéficier de jouer à domicile".

Quinzième mondial en 2010 puis septième en 2011, Florent Amodio n'a jamais été aussi proche de monter sur un podium mondial à condition d'additionner deux programmes sans faute.

A ses côtés, Brian Joubert vise, aussi et surtout, "deux programmes sans faute" mais ne prononce pas le mot "médaille".

"A Nice, j'aimerais juste patiner correctement, sans stress, sans être crispé, avec de bonnes sensations et une bonne technique, additionner ainsi la totale. Je ne l'ai pas ressenti depuis la Coupe de Russie en 2008", avoue le champion du monde de 2007.

A 27 ans, le Poitevin qui fut aussi médaillé mondial d'argent en 2008 puis de bronze en 2009 et 2010, tire même un plan jusqu'aux Jeux Olympiques de Sotchi en 2014. "J'irai pour faire une médaille", dit-il.

Lors des derniers championnats d'Europe, en janvier, Brian Joubert n'est pas monté sur le podium pour la première fois en dix ans. Il a fini huitième après une addition d'erreurs techniques.

Jusqu'à la fin de la semaine, 219 patineurs venus de 55 pays avec pour benjamine Chantelle Kerry, une Australienne de 15 ans, sont présents à l'Acropolis de Nice où la patinoire sort de terre à quelques mètres de la mer.

Cette ville est insolite pour accueillir le patinage", reconnaît Didier Gailhaguet "mais, elle prouve que le mariage n'est pas impossible entre le soleil et la glace".

Une autre preuve de ce mariage "impossible" est la présence de la Réunionnaise Surya Bonaly, Niçoise d'adoption, qui vient, "au moins une fois par an" saluer la famille qui l'a adoptée il y a quelques années.

A 38 ans, la quintuple championne d'Europe, vice-championne du monde en 1993, 1994 et 1995, a quitté, pour quelques jours, Las Vegas où elle entraîne de jeunes patineurs pour être la marraine du Mondial 2012.

"Revoir toute la famille du patinage me fait un grand plaisir. Et, finalement, je retrouve les mêmes personnes qui ne semblent pas avoir trop changé. La glace, ça conserve donc bien", s'amuse celle qui n'a toujours pas trouvé d'héritière en équipe de France depuis son arrêt en 1998.

Edité par Jean-Paul Couret

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