Pascal Praud : Daniel Hechter, l'homme blessé

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Daniel Hechter.
Daniel Hechter.

Il ne change pas. Toujours les mocassins américains, couleur bordeaux - des Sebago. Toujours le pantalon crème en coton et la chemise foncée. Bronzé, toujours, mais pas trop. Accueillant et courtois. Quand il est à Paris, Daniel Hechter vit dans un vaste appartement du 16e arrondissement, qu'une allée sans vie, sans Shopi et sans Proxi, dessert, entre Trocadéro et Auteuil. Nous déjeunons ce jeudi de septembre avec Eugène Saccomano et Dominique Grimault. Parquet sombre, murs clairs. Des tableaux, des sculptures, des photos, dont la Liz (1963) signée Warhol. Elizabeth Taylor immortalisée par la star du pop art. Le monde entier connaît cette image, accrochée partout et n'importe où. L'original est là. Hechter débouche le vin et fait la cuisine : loup grillé et beurre blanc. "J'ai été victime d'une machination." Daniel Hechter a écrit le récit de sa vie, je devrais dire le roman de sa vie si je ne craignais pas d'utiliser cette métaphore usée jusqu'à la corde pour résumer une existence. Mais comment dire autrement quand vous avez échappé à la déportation, fait fortune avant trente ans, perdu votre femme dans une catastrophe aérienne, inventé la mode des années 60, 70, 80, joué à la pétanque avec Quincy Jones, acheté un tableau à Andy Warhol et zappé quinze ans de travail par la faute de Bernard Madoff ? Daniel par Hechter (éditions Pygmalion, 491 pages) est un livre d'aventures qui revient sur une blessure vieille de...

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