Pascal Perrineau : "C'est la ligne Philippot qui a fait décoller le FN"

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Marine Le Pen et Florian Philippot lors d'une convention thématique du Front national, le 14 novembre 2016.    
Marine Le Pen et Florian Philippot lors d'une convention thématique du Front national, le 14 novembre 2016.    

Depuis qu'elle a pris la tête du FN en 2011, Marine Le Pen a hissé son parti au rang des premières forces politiques françaises. Lors du second tour de la présidentielle, elle a engrangé plus de 10 millions de voix. Un score que son parti n'avait jamais atteint auparavant.

Pour réaliser cette prouesse, l'actuelle candidate aux législatives a modifié la ligne de son parti. Dans son livre, Cette France de gauche qui vote FN (Paris, Le Seuil, 2017, 142 p.), le politologue Pascal Perrineau explique comment le parti s'est adressé aux électeurs orphelins d'un Parti socialiste qui les a abandonnés au profit des habitants des grands centres urbains. Et raconte que ces électeurs n'ont pas forcément l'impression de trahir la gauche. Au contraire, pour eux, c'est la gauche qui les a trahis. Entretien.

Le Point.fr : Dans votre livre, vous parlez de « gaucho-lepénisme ». Que voulez-vous dire ?

Pascal Perrineau : Le « gaucho-lepénisme » n'est pas nouveau. J'ai utilisé cette expression pour la première fois en 1995. Une partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen s'était reporté sur Lionel Jospin. À l'époque, j'avais été frappé par la difficulté des universitaires à se pencher sur cet objet qu'ils trouvaient iconoclaste. Il y a toujours eu des difficultés à analyser le rapprochement entre les extrêmes, et plus largement entre la gauche et...

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