Pascal Papé : " On ne se contente pas d'être là "

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Pascal Papé : " On ne se contente pas d'être là "
Pascal Papé : " On ne se contente pas d'être là "

Pascal Papé, le deuxième ligne du Stade Français a évoqué le barrage à venir face au Racing-Métro. L'international tricolore se réjouit de retrouver enfin les phases finales du Top 14.

Pascal Papé, vous êtes finalement presque un des plus frais de l’effectif du stade Français… (ndlr : le deuxième ligne avait été suspendu pour 10 semaines lors du Tournoi des VI Nations avec le XV de France)
C’est sûr, physiquement je suis prêt ! La semaine dernière, je me suis rappelé ce qu’était être joueur de rugby, ce que c’était de jouer au rugby. Ça m’a fait du bien, ça m’a fait plaisir et ça m’a redonné le plaisir, ça m’a permis de replonger dedans à 150%. Aujourd’hui, à la veille d’un grand match contre le Racing-Métro, j’éprouve beaucoup de fierté.

Vous avez connu les grandes heures du Stade Français, mais aussi les années de galère. Renouer avec les barrages, c’est un peu la réparation d’une anomalie ?
L’anomalie a duré longtemps alors (rires). On a eu une période très difficile avec le Stade Français mais la période noire est aujourd’hui digérée. Ça y est, on a réussi à faire partie du Top 6 et ça a été vraiment difficile. La saison passée on n’était pas loin et cette année, avec le recul, on a un peu plus d’expérience, on a réussi à passer le cap. Mais encore une fois, ce n’est pas un aboutissement, on ne se contente pas d’être là. On est fiers, mais vendredi on a une autre marche à gravir. Gonzalo (Quesada, l’entraîneur) nous a dit qu’on s’est mis dans une situation où soit on est champions, soit on sera déçus. J’ai bien aimé cette phrase, je la trouve complètement vraie.

« Des picotements au ventre »

Savourez-vous d’autant plus ces phases finales du fait que vous ne les avez pas jouées depuis longtemps ?
Oui, ça a un parfum particulier. Ça fait six ans, c’était il y a longtemps… Les rejouer aujourd’hui nous donne beaucoup de motivation, d’impatience. C’est une pression positive qui nous redonne des picotements au ventre qu’on n’a pas eu depuis un petit moment. Ça c’est particulier aux phases finales. Le Top 14 aujourd’hui est en plus extrêmement dur, c’est un championnat de dingues et faire partie des six premiers, se donner la chance d’être à trois matchs de ce fameux bout de bois nous excite beaucoup.

Pas peur que les jeunes aient trop mal au ventre ?
On a un bon docteur et tout ce qu’il faut (rires). Les jeunes d’aujourd’hui ont vraiment été formatés à jouer au rugby, les nôtres sont quasiment tous passés par l’équipe de France. Ils ont une certaine expérience du très haut niveau et c’est dans des moments comme ceux de demain que ça va leur servir. Et à côté, il y a des anciens qui ont beaucoup d’expérience des phases finales et un échange se fait naturellement en leur rappelant que c’est tellement dur de participer à ces phases finales qu’il faut surtout prendre du plaisir à jouer ces matchs et se mettre dans la tête qu’on n’a jamais été aussi près depuis 8 ans de retoucher ce bout de bois.

Les barrages en coupe d’Europe ratés l’an passé, vous en avez reparlé ?
C’est une énorme expérience pour toute l’équipe et on a failli replonger dans ces travers là mais non. Au contraire, on a relevé la tête tout de suite en gagnant au Racing notamment et en validant la qualification derrière contre Montpellier. L’an passé on a perdu notre qualification sur les quatre dernières journées mais l’expérience accumulée l’année dernière nous a servi cette fin de saison.

« Pas sûr que ça vaille les autres derbys »

Battre le Racing c’est important en terme de rivalité régionale ?
Le Derby on le laissera pour la saison régulière, c’est sympa ça anime autour. Là il y a cinq grosses équipes, que ce soit le Racing ou une autre il y a un moment donné où il faut battre tout le monde pour être champion. Là c’est un barrage, un match de qualification pour une demi-finale, c’est un gros morceaux comme les autres équipes. Moi personnellement ça ne me travaille pas plus que ça

Elle existe cette rivalité ?
Oui car ce sont deux clubs proches, mais comme le président le dit très bien il y a le club de Paris et le club de la région parisienne, ce n’est pas tout à fait pareil. Aujourd’hui le Stade Français-Racing c’est un match sympa mais je ne suis pas sûr que ça vaille les autres derbys comme un Bourgoin-Grenoble ou un Biarritz-Bayonne.

C’est encore possible aujourd’hui de l’agressivité ?
Oui mais de la bonne agressivité. Celle qui permet de faire reculer l’adversaire, sur ce genre de match c’est important. Demain, celui qui aura le plus envie de se qualifier pour la demi-finale, gagnera le match. Il y a toujours du détail, la discipline compte énormément, mais celui qui aura le plus faim et celui qui sera le plus agressif dans le bon sens du terme remportera ce match.

A titre personnel, vous devez avoir les crocs…
Oui car ça m’a manqué. C’est compliqué de regarder les copains faire la moitié de la saison, dans les bons moments de ne pas être là, dans les mauvais d’être en dehors du navire et ne rien pouvoir donner sur le terrain. Mais c’est du passé, j’ai vraiment envie de regarder devant et je pense qu’on a de supers moments à vivre avec cette équipe et ce qui est sûr c’est que mon objectif n’est pas d’en vivre un, mais plusieurs jusqu’à la fin de la saison.

« On est bien dans ce stade »

On pense à la stabilité que le Stade Français n’a pas eu ces dernières années, entre les délocalisations du club et les nombreux changements d’entraîneurs ?
C’est toujours bon de se rappeler un peu du passé surtout quand il est difficile. On sait d’où on vient et ça permet de gagner en motivation et de se dire que tout ce qu’on a fait depuis quelques années nous permet aujourd’hui d’être proches de réaliser ce dont toutes les équipes rêvent, à savoir être champions.

Y a-t-il une forme de jalousie quand le Racing a pris le devant de la scène ?
D’envie évidemment puisque c’est le voisin et c’est lui qui joue et vit les grands moments, c’était difficile à vivre. Mais j’ai toujours cru en ce club, en cette équipe et aujourd’hui on parvient à vivre de grandes émotions.

Barrage à domicile, à Jean Bouin, vous êtes-vous adaptés à ce stade ? Cela va-t-il vous aider demain ?
On a hésité à le faire à Charléty… (Rires). Non, on est super bien dans ce stade, on commence à écrie une histoire dans ce nouveau stade. C’est une nouvelle enceinte, on prend beaucoup de plaisir à jouer dedans, on a une identité de jeu à domicile qui marche bien, les supporters viennent de plus en plus nombreux, le stade demain sera plein… Donc évidemment qu’on est chez nous, qu’on se sent chez nous. C’est une raison de plus pour faire un grand match demain.

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