Pascal Comelade, quarante ans de rocanrol pataphysique

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Pascal Comelade chez lui à Céret dans les Pyrénées-Orientales le 5 novembre.
Pascal Comelade chez lui à Céret dans les Pyrénées-Orientales le 5 novembre.

Coffret discographique, concerts, expositions, biographie : le musicien catalan à l’esthétique modeste et bricolée est sur tous les fronts.

D’illustres créateurs l’ont devancé à Céret (Pyrénées-orientales). « Le critique André Salmon a dit que c’était la “Mecque du cubisme” », rappelle Pascal Comelade, amusé par l’expression toute faite et emphatique.

Le Musée d’art moderne de la commune pyrénéenne témoigne effectivement des haltes de Picasso, de Braque et de Gris, mais c’est d’une autre esthétique que l’on rapprochera l’actuel résident, qui occupe depuis quatre décennies une place unique dans le paysage musical par son inventivité poétique. Comelade est celui qui a donné à l’art, qu’on le qualifie de naïf, de modeste ou de pauvre, une forme sonore, objet d’une rétrospective en six volumes rassemblés dans un coffret, Rocanrolorama 1974-2016.

L’inventeur du rocanrol, dégénérescence de l’idiome né aux Etats-Unis par des accouplements aux airs de bal populaire et à la sardane, au minimalisme et au free jazz, s’est établi à Céret il y a dix ans. Un choix logistique pour être proche de la gare TGV de Figueres, de l’autre côté de cette frontière qui n’en est pas une pour le Catalan, longtemps Barcelonais.

Par négligence, le jeune sexagénaire n’a jamais passé son permis de conduire. Il ajoute que, pour la musique non plus, il n’a pas même tenté le code : « Je ne sais ni la lire ni l’écrire. Si j’avais été un type sérieux, j’aurais pris un an de solfège. Je le regrette pour avoir salopé des titres dans les années 1990 avec des synthés dégueulasses et de mauvaises imitations de cordes. »

« Muzak adultérée et vicelarde...

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