Pas question de "monnaie hélicoptère" pour la BCE

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LA BCE JUGERAIT HORS DE QUESTION UNE "MONNAIE HÉLICOPTÈRE"
LA BCE JUGERAIT HORS DE QUESTION UNE "MONNAIE HÉLICOPTÈRE"

(Reuters) - Il est peu probable que la Banque centrale européenne (BCE) abaisse à nouveau les taux cette année, estiment, à une courte majorité, des économistes interrogés par Reuters, et une large majorité d'entre eux exclut toute possibilité de la voir créer de la "monnaie hélicoptère".

Sur 55 économistes interrogés, 50 ont répondu "non" à la question de savoir si la BCE allait étudier la question d'une distribution d'argent aux ménages pour stimuler la croissance économique. Le président de la BCE, Mario Draghi, avait signalé en avril que le Conseil des gouverneurs n'en avait même pas discuté.

"De la véritable monnaie hélicoptère, c'est-à-dire créditer les comptes des ménages, ne semble pas possible techniquement", a dit Jean-Louis Mourier, économiste d'Aurel BGC à Paris. "La BCE ne peut donner de l'argent aux Etats, même en achetant des emprunts publics, pour les aider à donner de l'argent aux citoyens. Ce serait assimilé à un financement direct de la dépense publique, ce qui est formellement interdit par les traités européens".

Au lieu de cette hypothétique solution, la BCE a choisi d'assouplir encore un peu plus une politique monétaire qui est déjà très accommodante. Elle a, il y a seulement deux mois, abaissé les taux à des niveaux records et augmenté ses achats d'actifs mensuels, en ajoutant à la dette publique de la dette privée.

A ce sujet, on estime auprès de plusieurs banques centrales que la BCE a l'intention de démarrer en douceur ses achats d'obligations d'entreprise le mois prochain, avec pour objectif d'attirer de nouveaux émetteurs avant de porter très progressivement le montant mensuel de ses achats entre cinq et dix milliards d'euros.

Même si la croissance semble s'être accélérée dans la zone euro, la monnaie unique ne s'est guère affaiblie malgré ce nouveau train de mesures, tandis que l'inflation est redevenue négative en avril, s'éloignant d'autant de l'objectif de la BCE qui est un taux d'un petit peu moins de 2%.

La possibilité d'une hausse des taux de la part de la Réserve fédérale américaine le mois prochain, avec son effet stimulant sur le dollar vis-à-vis de l'euro, autoriserait toutefois la BCE à observer le statu quo pour le moment.

Le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, déclarait mardi que le fait que la Fed poursuive son cycle de hausse des taux serait une "bonne nouvelle" pour l'ensemble de la planète, car cette démarche attesterait de la bonne santé économique des Etats-Unis.

Sur 61 économistes interrogés, 35 estiment que les taux ne bougeront plus dans la zone euro cette année, le consensus étant unanime pour la seule réunion du 2 juin.

Selon la prévision médiane de l'enquête, la BCE maintiendra son taux de refinancement et son taux de dépôt à 0% et -0,4% respectivement jusqu'à la fin de 2017.

Les deux cinquièmes des économistes interrogés voient l'institut d'émission assouplir à nouveau sa politique monétaire cette année soit en réduisant les taux, soit en amplifiant son programme d'assouplissement quantitatif (QE), soit encore en mixant les deux méthodes.

(Srutee Sarkar, avec Deepti Govind et Sujith Pai, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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