Pas les mêmes règles budgétaires pour Français et Italiens

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PAS LES MÊMES RÈGLES BUDGÉTAIRES DANS L'UE POUR FRANÇAIS ET ITALIENS
PAS LES MÊMES RÈGLES BUDGÉTAIRES DANS L'UE POUR FRANÇAIS ET ITALIENS

par Jan Strupczewski

WASHINGTON (Reuters) - Les règles budgétaires de l'Union européenne ne seront pas appliquées de manière uniforme à la France et à l'Italie parce que leur situation budgétaire est différente, a déclaré vendredi le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, dans un entretien accordé à Reuters.

L'Union européenne fixe à 3% du produit intérieur brut la limite maximale du déficit budgétaire des pays membres, qui sont passibles de sanctions s'ils ne respectent pas cette décision.

La France a fait savoir la semaine dernière qu'elle souhaitait obtenir un délai supplémentaire pour ramener son déficit budgétaire dans les limites fixées par Bruxelles. Il s'élevait à 4,3% de son PIB à la fin 2013.

Elle a toutefois maintenu son objectif d'y parvenir d'ici la fin de l'année prochaine, posant la question du flou de la communication de son exécutif, de ses choix politiques et économiques et des conditions pour atteindre cet objectif.

Côté italien, on plaide également pour un assouplissement de ces règles, tout en promettant également de s'y soumettre. Le président du Conseil italien, Matteo Renzio, a réaffirmé vendredi sa volonté de faire adopter par la zone euro de nouvelles règles en matière de déficits budgétaires, en expliquant que le cadre actuel freinait la croissance et l'emploi.

Jeroen Dijsselbloem juge de son côté que les deux cas ne sont pas comparables.

"SITUATION DIFFÉRENTE"

"Il y a une différence entre la France et l'Italie", a-t-il dit à Reuters en marge de la réunion annuelle du Fonds monétaire international à Washington.

"Certaines personnes pensent qu'elles sont dans la même situation, qu'elles plaident en faveur des mêmes choses, mais ça n'est pas le cas", a-t-il dit.

"Elles ont également des obligations différentes. Elles seront traitées de manière différente parce qu'elles sont dans une situation différente."

Le fait que la France ne soit pas parvenue à ramener son déficit sous les 3% la place sous le régime disciplinaire, c'est-à-dire dans le volet correctif de la législation européenne, alors que l'Italie, dont le déficit budgétaire reste inférieur à la limite, est dans le volet dit préventif.

Jeroen Dijsselbloem a souligné qu'il était primordial que Paris respecte les règles afin de garantir leur crédibilité et éviter ainsi la répétition du scénario de 2003 lorsque la France et l'Allemagne avaient chacune refusé de se soumettre à la règle des 3%.

Selon Jeroen Dijsselbloem, ces refus avaient préparé le terrain au déclenchement de la crise de la dette souveraine cinq ans plus tard.

"Le pacte de stabilité et de croissance a été remis en question par le passé et je pense que nous en avons tiré les leçons et que nous ne pouvons pas nous permettre que cela se reproduise."

(Nicolas Delame pour le service français)

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  • sidelcr le samedi 12 avr 2014 à 10:11

    l'Europe est l'avenir des multinationales car ce sont elles qui font la pluie & le beau temps .

  • M3045588 le samedi 12 avr 2014 à 09:09

    Ah bon? L'Europe entière est basée sur des différences entre les pays qui la compose, pas les mêmes règles fiscales, pas les mêmes taux horaires, pas les mêmes règles économiques.... Ce qui est pire c'est que l'Europe veut conquérir le monde, alors que c'est déjà la guerre économique entre les pays qui la compose... A part ça l'Europe est l'avenir....

  • M6197799 le vendredi 11 avr 2014 à 23:17

    La différence, c'est que l'Italie a fait des efforts et qu'elle dégage un excédent primaire (les recettes sont supérieures aux dépenses avant paiement des intérêts de la dette ) alors que la France n'a fait aucun autre effort que le matraquage fiscal et qu'il y a un déficit primaire, c'est à dire que l’État+collectivités + Sécu dépensent plus qu'ils ne gagnent, avant même de payer la dette !

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