Pas encore de lien entre Bouhlel et les réseaux terroristes

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    * Des liens avec des réseaux pas encore établis, dit 
Cazeneuve 
    * Mais c'est un attentat à caractère terroriste, 
ajoute-t-il. 
    * Les motivations du tueur restent obscures 
 
 (Actualisé avec éléments d'enquête) 
    PARIS, 18 juillet (Reuters) - L'enquête sur l'attaque 
meurtrière de jeudi soir à Nice, qui a fait 84 morts et plus de 
300 blessés, n'a pas encore permis d'établir de lien entre 
Mohamed Lahouaiej Bouhlel et des réseaux terroristes, a déclaré 
lundi matin le ministre de l'Intérieur. 
    Le gouvernement est cependant convaincu que l'attaque de ce 
Tunisien de 31 ans, qui a foncé au volant d'un camion sur la 
foule massée sur la Promenade des Anglais lors des festivités du 
14-Juillet, est un attentat à caractère terroriste. 
    "Ces liens (avec des réseaux) pour l'instant ne sont pas 
établis par l'enquête", a déclaré Bernard Cazeneuve sur RTL, en 
ajoutant "il faut toujours sur ces sujets-là être prudent".  
    Il a cependant rappelé que "le mode opératoire" est un mode 
qui emprunte totalement à ce que sont les messages de Daech qui 
appelle et provoque au terrorisme". 
    "C'est un attentat qui a été revendiqué par l'Etat islamique 
(EI), c'est un attentat à caractère terroriste et cela est 
apparu clairement dès les premiers instants", a-t-il ajouté. 
    Décrit comme un homme violent qui buvait de l'alcool, 
Mohamed Lahouaiej-Bouhlel se serait, selon le Premier ministre, 
Manuel Valls, radicalisé "très rapidement", ce qui expliquerait 
qu'il soit resté hors des radars des services de renseignement.  
    Mais ses véritables motivations restent obscures, d'autant 
que le Tunisien ne semble pas à ce stade de l'enquête avoir 
laissé de revendication ou de message expliquant son acte. 
    Une seule des six personnes actuellement en garde à vue 
aurait évoqué des discussions au cours desquelles Mohamed 
Lahouaiej-Bouhlel aurait parlé de l'EI et de "son droit à avoir 
un Etat", indique une source policière. 
     
    IMAGES DE VIOLENCE 
    Il était en revanche fasciné par les images de violence 
"gore". Selon Europe 1, l'examen de son ordinateur montre qu'il 
regardait souvent les vidéos de propagande de l'EI les plus 
violentes mais aussi des images d'accidents et de corps broyés. 
    Repérage des lieux, compte en banque vidé quelques jours 
avant de passer à l'acte et vente de sa voiture : la piste d'un 
acte prémédité s'est précisée durant le week-end. 
   Quelques heures avant de lancer son camion dans la foule, 
l'homme a téléphoné à ses proches et envoyé une photo sur 
laquelle il semble "très heureux", a dit à Reuters son frère. 
   Ce chauffeur-livreur aurait également envoyé un SMS à l'une 
des personnes actuellement en garde-à-vue pour la remercier de 
lui avoir fourni une arme, selon une source proche de l'enquête. 
   Pour Roland Jacquard, expert de la lutte anti-terroriste, "il 
ne faut pas prendre au pied de la lettre les déclarations sur 
une radicalisation expresse et croire qu'il s'est radicalisé à 
la dernière minute". 
   "Ça n'a rien à voir avec le profil de quelqu'un qui était 
juste violent et battait sa femme. C'était sans doute un 
psychopathe mais aussi un tueur en série qui a prémédité son 
acte. Il était forcément en rapport avec des gens qui l'ont 
commandité ou manipulé", a-t-il dit Reuters. 
    Trois des six personnes en garde à vue sont interrogées à 
Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans les locaux des services 
anti-terroristes. 
    L'épouse du tueur, dont il était séparé, a été entendue par 
les enquêteurs dès vendredi mais sa garde à vue a été levée 
samedi. 
    Dans la ville tunisienne de Msaken d'où ce père de trois 
enfants était originaire, ses anciens voisins et des membres de 
sa famille se souviennent d'un homme sportif, distant et peu 
intéressé par la religion. 
    Sa soeur, Rabeb Bouhlel, a confirmé qu'il avait des 
"problèmes psychologiques" tout en précisant n'avoir pas décelé 
de signe de radicalisation chez son frère. 
    Un psychiatre qu'il avait consulté en août 2014 le décrit 
comme un homme ayant "des problèmes de comportement avec ses 
parents à l'époque". "Il était très agressif à leur encontre", a 
dit Chemceddine Hamouda à Reuters. 
 
 (Myriam Rivet et Gérard Bon, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • dotcom1 il y a 5 mois

    Que faisait-il dehors alors qu'il avait été condamné en mars 2016?