Pas de volonté de divorce entre François Hollande et les Verts

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LES ÉCOLOGISTES DEVRAIENT RESTER AU GOUVERNEMENT
LES ÉCOLOGISTES DEVRAIENT RESTER AU GOUVERNEMENT

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le "mariage de raison" entre socialistes et écologistes devrait résister à un éventuel remaniement gouvernemental mais reste suspendu à un accord sur la loi de transition énergétique attendue en juin, estiment des responsables des deux bords.

La rapidité avec laquelle Jean-Marc Ayrault et ses turbulents alliés ont apaisé les tensions nées après la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes de samedi dernier illustre leur volonté de préserver leur alliance.

Un simple coup de téléphone dimanche entre le Premier ministre et la secrétaire générale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, a suffi à faire retomber le début de crise provoqué par la mise en demeure de Jean-Marc Ayrault aux écologistes de "sortir de l'ambiguïté" au sujet des casseurs.

Rassurée sur les intentions de l'ancien maire de Nantes, la dirigeante écologiste a ordonné à ses troupes de ne pas donner dans la surenchère et Jean-Marc Ayrault a déclaré publiquement le lendemain que la majorité avait besoin de "tout le monde".

Dans l'entourage de François Hollande, on insiste sur les fondamentaux de l'alliance forgée avec les Verts.

"Le président a toujours été attaché à sa majorité, il l'a voulue, il l'a soignée, il a essayé de la préserver, de la faire prospérer", dit-on dans son entourage.

"ON A BESOIN D'EUX"

"On a besoin d?eux (EELV-NDLR) pour des questions d?équilibre et de pluralisme", ajoute un conseiller gouvernemental pour qui le PS n?a pas intérêt à "se retrouver seul avec les radicaux de gauche".

Ce conseiller fait l'analyse que l'intérêt des Verts, qui ont obtenu lors des législatives de 2012 un traitement de faveur de la part du PS malgré le résultat étriqué obtenu par leur candidate à la présidentielle, n'est pas de quitter le navire.

"Ils ne peuvent pas désavouer la stratégie qu?ils ont élaborée en faisant un accord avec le PS avant 2012. Il ne peuvent pas partir avant la loi sur la transition énergétique", veut croire cette source. "N?oublions pas non plus que la France accueille le sommet mondial sur le climat fin 2015. Les Verts veulent être considérés comme des co-organisateurs."

La direction d'EELV a conscience de l'intérêt que porte le président à la préservation de l'alliance.

"On sait que Hollande veut qu?on reste", y assure-t-on, tout en donnant à Jean-Marc Ayrault le bénéfice du doute quant à sa volonté de porter une transition énergétique ambitieuse.

EELV rappelle l'engagement pris en septembre par François Hollande de faire de la loi sur la transition énergétique "l'un des textes les plus importants du quinquennat".

Attendue en conseil des ministre en juin, cette loi doit notamment faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% d'ici 2025.

Les rumeurs d'un report de cet objectif à 2028 inquiètent de nombreux écologistes, comme les pressions en faveur de la construction de nouvelles centrales nucléaires dotées de réacteurs EPR pour remplacer les centrales vieillissantes.

"CE SERAIT SANS NOUS"

"Ce serait sans nous", explique un dirigeant d'EELV, où la non fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016 constituerait une autre ligne rouge.

Dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault, on assure que le texte sera acceptable pour les écologistes : "Si on a une bonne loi - et on travaille à avoir une bonne loi - il n?y a pas de raison que les Verts s?y opposent."

Si les passes d'armes entre le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et les Verts sur le gaz de schiste sont source de tensions, elles ne devraient pas se traduire par un affrontement politique, François Hollande ayant exclu l'utilisation de la facturation hydraulique pour les explorer.

Le président, qui confie en privé ses doutes sur "l'eldorado" qu'abriterait le sous-sol français, ne veut pas d'un bras de fer sur ce dossier avec les écologistes.

Même la nomination à Matignon de Manuel Valls, favori des sondages mais bête noire des écologistes pour ses déclarations sur les Roms, ne semble rédhibitoire pour les Verts.

"C?est une question de projet, pas de personne", insiste un dirigeant des Verts.

(Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • nono67 le vendredi 28 fév 2014 à 20:25

    groslande ne divorce pas puisqu'il ne se marie pas !!! demandez à séguolène, valérie , anne et toutes les autres .