Pas de stocks alimentaires stratégiques dans l'immédiat

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PAS DE CONSTITUTION DE STOCKS ALIMENTAIRES STRATÉGIQUES À COURT TERME, DIT LE FOLL
PAS DE CONSTITUTION DE STOCKS ALIMENTAIRES STRATÉGIQUES À COURT TERME, DIT LE FOLL

par Sybille de La Hamaide

PARIS (Reuters) - La constitution de stocks alimentaires stratégiques pour enrayer la volatilité sur les marchés mondiaux ne pourra pas être mise en oeuvre à court terme en raison des réticences que rencontre cette proposition française, a déclaré lundi Stéphane Le Foll.

Le ministre de l'Agriculture a expliqué dans une interview à Reuters, en marge de la réunion du Comité sur la sécurité alimentaire de la FAO à Rome, que la France continuerait à promouvoir au niveau international cette idée portée par François Hollande pour stabiliser l'agriculture mondiale.

"Sur ces questions de stocks stratégiques d'aliments pour essayer de réguler les marchés, aujourd'hui on n'est pas en capacité de gagner", a-t-il dit. "Il y a trop de pays qui considèrent ça comme de l'intervention, qui ne comprennent pas bien, donc ça on va le redire mais ce n'est pas encore abouti."

Stéphane Le Foll a ajouté que la campagne électorale pour l'élection présidentielle aux Etats-Unis ne permettait pas de faire avancer ce dossier pour le moment.

Les Américains "risquent de ne pas être du tout réceptifs", a-t-il dit. "On gardera cette idée. Il faudra qu'elle progresse, qu'on lève toutes les ambiguïtés qu'il y a derrière tout ça."

La baisse de la production, notamment aux Etats-Unis, a provoqué une hausse considérable des cours des céréales.

"Quand on perd 30% de la production de maïs aux Etats-Unis et 15 à 20% en Russie, on se trouve dans une situation ou il y a un problème. Si on avait des moyens d'avoir des marges avec des stocks qu'on pourrait déstocker, ça permettrait d'avoir un peu plus de fluidité sur le marché. Voilà l'objectif. Il n'est absolument pas de produire pour les stocks."

30% DE PERTES

Le ministre de l'Agriculture estime toutefois que des progrès ont néanmoins été réalisés.

Le G20 a ainsi insisté sur la nécessité de ne pas prendre de mesures susceptibles d'amplifier les déséquilibres entre l'offre et la demande, comme des embargos à l'exportation.

Stéphane Le Foll a également cité Amis, le système d'information sur les marchés agricoles basé à Rome et son Forum de réaction rapide (FRR) mis en place en 2011 par les pays du G20.

Mais "certains pays considèrent qu'il n'y a pas une crise suffisamment forte pour justifier convocation du FRR".

Une discussion informelle aura néanmoins lieu et réunira 34 participants, dont 20 ministres, même si les Etats-Unis et le Mexique, qui préside actuellement le G20, ne seront pas représentés au niveau ministériel.

"J'insisterai sur l'idée qui était la mienne depuis longtemps qu'on a besoin d'investir non seulement dans la production mais surtout dans la transformation, le stockage, parce qu'on perd 30% de ce qu'on produit", a dit Stéphane Le Foll.

"Ce n'est même pas une de question de produire, c'est déjà éviter de perdre, donc il faut investir dans le stockage et la transformation des produits agricoles, pour les conserver."

François Hollande avait demandé fin juillet à Stéphane Le Foll de saisir les instances auprès du G20, "qui doivent prendre toute la dimension de la volatilité des prix des matières premières et notamment des céréales".

Edité par Yves Clarisse

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