Pas de solution de paix en Syrie sans les Kurdes, répète Lavrov

le , mis à jour à 14:09
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 (Actualisé avec réaction kurde §9-10) 
    MOSCOU, 26 janvier (Reuters) - Le ministre russe des 
Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réaffirmé mardi qu'il 
n'était pas possible de parvenir à un accord de paix en Syrie si 
les Kurdes ne participaient pas aux négociations. 
    Dans sa conférence de presse annuelle, le chef de la 
diplomatie russe a estimé que la proposition visant à exclure 
certaines formations de l'opposition à Bachar al Assad 
constituait une violation du droit international. 
    Exclure les Kurdes de la table des négociations serait 
"injuste" et "contre-productif", a-t-il jugé. 
    Des divergences sur la composition de la délégation des 
opposants et rebelles syriens de même sur que les conditions 
posées par ces derniers (arrêt des bombardements russes, levée 
des encerclements de villes) ont empêché de tenir le calendrier 
prévu et de démarrer les discussions lundi. 
    Pour Sergueï Lavrov, certains participants au processus de 
pays se comportent de manière "capricieuse" en refusant de 
négocier. 
    "Quand il existe des tentatives pour imposer des conditions 
au combat collectif contre le terrorisme, des conditions qui 
n'ont pas de pertinence, du genre 'si vous acceptez un 
changement de régime, par exemple, en Syrie, alors nous 
commencerons vraiment à combattre le terrorisme collectivement', 
cela constitue à mon avis une grosse erreur", a-t-il dit. 
   Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a répété, pour sa 
part, que son pays était fermement opposé à la présence du Parti 
de l'union démocratique (PYD), principale formation kurde 
syrienne, dans le camp de l'opposition. 
    Pour Davutoglu, bien qu'en lutte contre l'Etat islamique, le 
PYD doit être intégré au camp pro-Bachar al Assad. 
     
    PEU D'OPTIMISME 
    Saleh Muslim, co-président du PYD, lié au Parti des 
travailleurs du Kurdistan (PKK) considéré comme terroriste par 
les Occidentaux, a déclaré: "nous serons invités mais nous ne 
savons pas dans quelle position". L'invitation devrait être 
envoyée mardi. 
    Le PYD chapeaute la puissante milice YPG (Unités de 
protection du peuple) qui contrôle de vastes territoires dans le 
nord et le nord-est de la Syrie où elle s'est imposée comme une 
alliée importante des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI. 
    Le ministre russe s'est par ailleurs félicité du fait que 
l'intervention militaire de son pays ait changé la donne en 
Syrie et que "les opérations de l'armée de l'air russe aient 
aidé de manière tangible à inverser la tendance". 
    "Le résultat est qu'on a une image beaucoup plus claire de 
ce qui se passe", a-t-il affirmé. "Il apparaît clairement qui 
combat les terroristes, qui agit comme leurs complices, qui 
essaie de les utiliser à des fins unilatérales et égoïstes", 
a-t-il dit. 
    Le chef de l'équipe des négociateurs de l'opposition 
syrienne a déclaré mardi ne pas être optimiste concernant les 
pourparlers de paix qui doivent, en principe, se tenir à Genève. 
    Cité par la chaîne arabe d'information Al Hadath, Assad 
Zoubi a dit que les récentes initiatives diplomatiques 
"n'offraient pas de motifs d'optimisme concernant les 
négociations". 
    Selon lui, l'émissaire de l'Onu, Staffan de Mistura, "ne 
peut pas imposer de conditions" à l'équipe des négociateurs de 
l'opposition. Il n'a pas précisé sa pensée. 
    Le Haut conseil pour les négociations (HCN) doit se réunir 
ce mardi à Ryad en Arabie saoudite pour décider d'une 
participation aux négociations à Genève. 
    Le HCN a de nouveau conditionné sa présence à l'arrêt des 
raids aériens et à la fin du siège de certaines zones rebelles 
par les forces pro-Assad. 
     
 
 (Vladimir Soldatkin et Abdrew Osborne avec Suleiman Al Khalidi 
à Amman et avec Ayla Jean Yackley à Ankara; Pierre Sérisier pour 
le service français) 
 
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