Pas de signes d'élargissement du conflit ukrainien

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par Thomas Grove DONETSK, 16 août (Reuters) - De nouveaux échanges de tirs ont été signalés samedi dans l'est de l'Ukraine, mais le conflit entre forces gouvernementales et séparatistes pro-russes ne semble pas sur le point de s'élargir, bien que Kiev ait annoncé la veille la destruction partielle d'une colonne de blindés venus de Russie. La nouvelle a fait plonger le cours du dollar et les indices des principales places boursières, qui craignent une confrontation directe entre Moscou et les puissances occidentales, favorables au camp ukrainien. Les autorités russes, qui parlent d'une information "fantaisiste", n'ont toutefois pas brandi la menace de représailles et la Maison blanche dit ne pas être en mesure de confirmer la destruction de véhicules russes en territoire ukrainien. L'Union européenne a quant à elle averti que "toute action militaire unilatérale en Ukraine de la part de la Fédération de Russie (...) y compris pour des motifs humanitaires serait considérée (...) comme une violation flagrante du droit international". Sur le terrain, de violentes explosions ont retenti dans le centre de Donetsk, l'un des derniers bastions des séparatistes, selon un correspondant de Reuters sur place. Côté diplomatie, le président finlandais Sauli Niinisto est attendu dans la journée à Kiev où il doit s'entretenir avec son homologue Petro Porochenko. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères doit par ailleurs rencontrer dimanche à Berlin ses homologues russe, allemand et français. A Paris, François Hollande, qui s'est entretenu avec le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso "a rappelé que la Russie devait s'engager à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine et a appelé l'Ukraine à faire preuve de retenue et de discernement dans les opérations militaires en cours contre les séparatistes", dit l'Elysée dans un communiqué. DÉFECTIONS "La France reste prête à un nouveau sommet dans le format Normandie pour soutenir ce processus", poursuit la présidence évoquant la rencontre entre Petro Porochenko et Vladimir Poutine lors du 70e anniversaire du débarquement de juin 1944. "La réunion des ministres des Affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe prévue dimanche pourrait être un premier pas vers cette rencontre", ajoute-t-elle. Selon le dernier bilan établi dans la semaine par les Nations unies, le conflit a fait 2.086 morts et près de 5.000 blessés. Sur leur site d'informations Novorossia, les séparatistes affirment samedi avoir tué 30 membres des forces gouvernementales dans la province de Louhansk, l'autre place forte des milices pro-russes. Deux villages au sud de Donetsk ont par ailleurs été bombardés au mortier et la ville elle-même a essuyé des tirs d'artillerie, ajoutent-t-ils. Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne, a quant à lui fait état de trois morts dans les rangs gouvernementaux au cours des dernières 24 heures et a nié tout tir d'artillerie en direction de Donetsk. Il s'est refusé à tout commentaire sur l'incident de la veille et Kiev n'a pas précisé si les blindés pris pour cibles étaient conduits par des soldats russes ou des séparatistes. Parlant d'une catastrophe humanitaire, Moscou accuse l'armée ukrainienne, qui encercle Donetsk et Louhansk, de pilonner des zones résidentielles, ce que l'état-major nie. Les forces gouvernementales ont repris beaucoup de terrain aux séparatistes, qui ont en outre subi plusieurs défections. Au cours de la semaine écoulée, trois de leurs principaux cadres, dont le chef militaire Igor Strelkov, ont annoncé leur démission, ce qui semble trahir des divergences stratégique. "La panique se répand et les rebelles cherchent à fuir par les rares voies possibles", a affirmé Andriy Lissenko, faisant état d'informations selon lesquelles les séparatistes s'apprêtent à quitter Donetsk pour trouver refuge en Russie. Alexandre Zakhartchenko, Premier ministre de la République autoproclamée de Donetsk, annonce quant à lui l'arrivée imminente de 150 blindés et de 1.200 combattants formés depuis quatre mois en Russie. (Avec Natalia Zinets et Alessandra Prentice à Kiev, Jason Bush à Moscow, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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