Pas de risque d?inondation à Fessenheim, selon EDF

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PAS DE RISQUE D'INONDATION À FESSENHEIM, ASSURE EDF
PAS DE RISQUE D'INONDATION À FESSENHEIM, ASSURE EDF

par Gilbert Reilhac

COLMAR Haut-Rhin (Reuters) - Une étude menée par EDF conclut à l?impossibilité d?une inondation de la centrale nucléaire de Fessenheim dans l?hypothèse d?un tremblement de terre, un risque brandi par les partisans d?une fermeture immédiate de la centrale alsacienne.

Mise en service en 1977, la plus ancienne centrale du parc électronucléaire français, qui a fait l'objet mardi d'une spectaculaire intrusion de militants de Greenpeace, doit être mise à l'arrêt en 2016, selon la promesse faite par François Hollande durant la campagne pour l'élection présidentielle.

L?Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à l?exploitant de réévaluer les risques de rupture de la digue du grand canal d?Alsace, situé à huit mètres au-dessus de la centrale, dans le cadre d?un réexamen de la sécurité consécutif à la catastrophe de Fukushima.

L?étude géotechnique présentée mercredi à Colmar aux membres de la Commission locale d?information et de surveillance (Clis) de Fessenheim, s?est basée sur l?hypothèse d?un séisme de magnitude 8,2 à Bâle, soit quatre fois le niveau du séisme de référence - 6,2 ? qui détruisit la ville suisse située à 40 kilomètres plus au sud, en 1352.

Une centaine de sondages et sept carottages ont été réalisés dans le remblais sur neuf kilomètres pour conclure à l?homogénéité et aux capacités de résistance du mélange de sable et de graviers dont il est constituée.

"Aujourd?hui, la robustesse de la digue est démontrée, le risque n?existe pas", a conclu François Laigle, l?expert d?EDF.

Une étude du service environnement du conseil général du Haut-Rhin avait pourtant affirmé, en 2011, que les "diguettes" qui entourent la centrale de Fessenheim pourraient être submergées en cas de rupture de la digue du Rhin.

LE VERDICT DE L'ASN ATTENDU

La centrale a été conçue pour rester au sec face à un flux de 20 m3/s alors que les experts du département, retenant l'hypothèse d'une brèche par érosion interne, envisageaient une arrivée de 500 m3/s au plus fort de la crue.

En dépit de l?impossibilité théorique d?un tel phénomène, plusieurs membres de la Clis, dont un représentant du Land allemand du Bade-Wurtemberg, gouverné par une coalition entre les Verts et les sociaux-démocrates, ont demandé avec insistance ce qui se passerait en cas de rupture de la digue.

L?ASN doit présenter ultérieurement ses conclusions sur l?étude d?EDF et dire si elle s?en satisfait.

Les 55 activistes de Greenpeace interpellés mardi dans l?enceinte de la centrale des bords du Rhin où ils avaient fait irruption à l?aide d?un camion et d?une nacelle articulée, ont par ailleurs été convoqués devant le tribunal correctionnel de Colmar le 4 septembre, a annoncé le parquet de Colmar, lors d'une conférence de presse.

Ces militants antinucléaires de 18 nationalités, dont seulement deux ressortissants français, devront répondre de violation de domicile et dégradations volontaires en réunion, une délit qui peut leur valoir jusqu?à cinq ans de prison.

Ils devaient tous être remis en liberté dans la soirée de mercredi, la majeure partie se voyant signifier en outre une obligation de quitter le territoire, assortie d?une interdiction d'y revenir pendant deux ans pour certains.

Après avoir franchi deux enceintes à l?aide d?un poids-lourd et d?une nacelle articulée, une vingtaine d?entre eux avaient réussi à monter sur les toits de trois bâtiments de la centrale, dont le réacteur numéro 1, pour y déployer des bannières invitant l?Europe à renoncer au nucléaire.

(Edité par Yves Clarisse)

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