Pas de réponse commune des marques sur le textile au Bangladesh

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PAS DE RÉPONSE COMMUNE DES GRANDES MARQUES DE TEXTILE AU BANGLADESH
PAS DE RÉPONSE COMMUNE DES GRANDES MARQUES DE TEXTILE AU BANGLADESH

par Jessica Wohl

NEW YORK (Reuters) - Trois semaines après la catastrophe du Rana Plaza, les grandes marques occidentales peinent à trouver une réponse commune pour renforcer la sécurité des ouvriers du textile au Bangladesh.

Wal-Mart Stores, premier distributeur mondial, a renforcé les contrôles dans ses usines du pays mais ne compte pas signer un accord sur la prévention des incendies et la sécurité des constructions que les plus grandes marques européennes de prêt-à-porter ont approuvé. Wal-Mart estime que ses propres inspections donneront plus vite des résultats.

Les sociétés avaient jusqu'à ce mercredi pour rejoindre ou non les signataires de l'accord soutenu par l'Organisation internationale du travail et des syndicats comme IndustriALL.

Deux géants de la confection, les leaders mondiaux suédois H&M et espagnol Inditex, l'ont approuvé mais pas l'américain Gap qui contexte la clause concernant la résolution des litiges devant les tribunaux. La plupart des entreprises américaines ont d'ailleurs rechigné à rejoindre un accord sectoriel créant des objectifs légalement contraignants.

Walmart a entrepris d'inspecter les 279 usines du Bangladesh qui fournissent ses magasins, en se fixant pour but d'achever ces contrôles d'ici six mois. Ces inspections ont déjà permis de déceler deux sites à problèmes, et le géant américain a demandé au gouvernement bangladais d'y suspendre la production.

A Chittagong, 250 km de Dacca la capitale, les ouvriers d'une usine que Walmart veut voir fermée se disent toutefois dans l'ignorance d'un quelconque problème de sécurité. Les responsables du site de Stitch Tone Garments disent ne plus fabriquer pour Walmart sans confier le nom de leurs clients.

"Nous ne connaissons pas les problèmes de nos propriétaires, nous ne savons rien des risques du bâtiment. Nous travaillons pour vivre. Si nous arrêtons, nous ne pouvons pas survivre", déclare un des employés du site, Parvin Akter.

Le salaire minimum pour les ouvriers du textile au Bangladesh est de 38 dollars par mois, même si beaucoup d'usines paient davantage afin d'attirer les travailleurs sur un marché du travail tendu. Le pays se classait en 2010 au dernier rang des salaires minimaux pour les ouvriers d'usine, selon les chiffres de la Banque mondiale.

L'effondrement le 24 avril du Rana Plaza, un immeuble de huit étages abritant des ateliers de confection, a fait 1.127 morts et attiré mondialement l'attention sur la faiblesse des conditions de sécurité dans le secteur.

On estime à environ 6.500 le nombre d'usines de textile au Bangladesh. A Dacca, les autorités ont fermé une douzaine d'ateliers en raison de problèmes de structure des bâtiments.

L'Etat bangladais a tout intérêt à préserver une industrie textile qui représente 80% de ses exportations. Quant aux grandes marques occidentales, elles ont également tout intérêt à continuer de se fournir au Bangladesh où les ouvriers gagnent moins de la moitié de ce que touchent leurs homologues chinois.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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  • j-c-roy le mercredi 15 mai 2013 à 08:50

    Lisez seulement le dernier paragraphe de l'article, tout est dit.Tout le reste n'est qu'enfumage.Tant que le soufflé médiatique ne sera pas retombé, les financiers et les industriels feront mine de "s'intéresser" au problème sans réelle volonté de le régler dans le seul intérêt des Hommes.

  • j-c-roy le mercredi 15 mai 2013 à 08:42

    Voilà, tout est dit :"L'Etat bangladais a tout intérêt à préserver une industrie textile qui représente 80% de ses exportations. Quant aux grandes marques occidentales, elles ont également tout intérêt à continuer de se fournir au Bangladesh où les ouvriers gagnent moins de la moitié de ce que touchent leurs homologues chinois."