Pas de répit dans le bras de fer sur Renault à 4 jours du conseil

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    * Renault prépare des propositions pour limiter l'influence 
française sur Nissan-sources 
    * Les discussions avec le gouvernement ont peu 
progressé-sources 
    * Renault mis en garde contre toute cession du contrôle de 
Nissan 
 
    par Laurence Frost et Gilles Guillaume 
    PARIS, 6 décembre (Reuters) - Renault  RENA.PA  est en train 
d'échafauder des propositions pour céder une partie de son 
pouvoir à son partenaire japonais Nissan  7201.T , ont indiqué 
des sources. Le constructeur français cherchera dès lundi à 
s'assurer le maximum de soutien au sein du conseil 
d'administration à quatre jours d'une réunion qui s'annonce 
houleuse. 
    Renault reste à couteaux tirés avec l'Etat, son principal 
actionnaire, dans le bras de fer qui les oppose depuis avril sur 
l'équilibre de l'alliance Renault-Nissan. 
    Des sources ayant connaissance du dossier ont indiqué que 
faute de véritable progrès dans les négociations actuelles, 
Renault s'apprête à mettre à exécution ses menaces passées de 
réduire sa mainmise sur Nissan, dont il détient actuellement une 
participation de contrôle de 43,4%. 
    "On est très loin d'un accord", a dit une source proche de 
l'alliance. "C'est comme si le gouvernement voulait vérifier si 
le bluff est véritable ou non." 
    De l'issue du bras de fer actuel dépendra en partie 
l'évolution future de Renault-Nissan, aujourd'hui quatrième 
constructeur automobile mondial par les ventes cumulées. 
    Le conflit reflète aussi l'écart entre la structure formelle 
de l'alliance, où Renault se trouve en situation de contrôle, et 
la manière dont elle est gérée au quotidien par Carlos Ghosn, 
PDG des deux entreprises.  
    Depuis le sauvetage de Nissan par Renault en 1999, le 
constructeur japonais a vu son poids dépasser celui de son 
partenaire français, et se voit confier aujourd'hui au sein de 
l'alliance le pilotage de projets d'ingénierie stratégiques pour 
les deux groupes. 
    Dans le Journal du Dimanche, le ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron a indiqué que l'Etat était prêt à faire des 
concessions sur ses droits de vote dans Renault pour les sujets 
non stratégiques, mais qu'il entendait conserver une minorité de 
blocage. 
   "Tout détricotage ou affaiblissement des liens entre les deux 
entreprises ne peuvent pas être des solutions", a prévenu à 
nouveau le ministre.  ID:nL8N13V0BJ  
   Renault-Nissan a refusé de faire un commentaire. 
    
    UN COMPROMIS DE DERNIERE MINUTE ? 
    L'Etat français détient aujourd'hui près de 20% de Renault 
et entend obtenir fin mars prochain les droits de vote double 
prévus par la loi Florange, tandis que Nissan, qui détient 15% 
de Renault, ne possède aucun droit de vote. 
    La proposition de Renault devrait aller bien plus loin que 
le compromis avancé à plusieurs reprises par le gouvernement, 
ont indiqué des sources, avec la neutralisation de son contrôle 
via un engagement ferme de ne jamais interférer dans la 
direction opérationnelle de Nissan, comme ce dernier l'a demandé 
 fin novembre.  ID:nL8N13R2EN  
    En guise de garantie, Nissan demande aussi l'autorisation de 
pouvoir augmenter sa participation si l'engagement n'est pas 
respecté. Selon la loi japonaise, Renault pourrait perdre en 
retour ses propres droits de vote si la participation de Nissan 
dans son capital venait à atteindre 25%. 
    De source gouvernementale, on concède que tout compromis de 
dernière minute nécessiterait un accord entre Renault et Nissan 
pour ajuster leur relation et l'accord fondateur de 2002 qui 
encadre les rapports entre les deux groupes. 
    Mais la fin du contrôle de Renault devrait se heurter 
jusqu'au bout à une vive résistance, selon des personnes au fait 
des réflexions du gouvernement. "Avec tout ce fuss (...) ils ont 
de facto mis l'Etat au centre de l'alliance." 
    Le conseil d'administration de Renault est composé de 19 
membres, dont Carlos Ghosn, dix indépendants qui ont jusqu'ici 
soutenu le PDG, quatre représentants des salariés, deux de 
Nissan et deux de l'Etat. 
    Selon des sources, Emmanuel Macron a demandé que Carlos 
Ghosn et les deux représentants de Nissan ne prennent pas part 
au vote pour éviter des conflits d'intérêts. 
    Des responsables français ont aussi reproché aux 
administrateurs indépendants de ne pas suffisamment défendre les 
intérêts de Renault dans le débat actuel. Une accusation qu'ils 
ont rejetée début novembre en publiant, chose inhabituelle, un 
communiqué commun pour défendre leur position.  ID:nL8N1302ZM  
 
 (Edité par Jean-Stéphane Brosse) 
 

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