Pas de raison de modifier la politique de la BCE-Villeroy

le
0
    PARIS, 16 septembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne n'a aucune raison de modifier sa politique monétaire 
pour l'instant mais elle serait "flexible" si la donne 
économique changeait, a déclaré le gouverneur de la Banque de 
France François Villeroy de Galhau. 
    Dans une interview publiée vendredi par le Corriere della 
Sera, il prône en outre une "approche coordonnée" pour relancer 
l'économie dans la zone euro qui passerait par "plus de réformes 
en France ou en Italie, plus de soutien budgétaire en 
Allemagne". 
    "Nous avions décidé au mois de mars un paquet de mesures 
global, adapté à la trajectoire économique de ce moment-là", 
indique François Villeroy de Galhau à propos de la BCE, dont il 
est membre du conseil des gouverneurs. "Elle n'a pas changé 
depuis, par conséquent nous n'avons pas de raison de modifier 
notre politique". 
    "Si la donne économique devait changer, nous serions 
flexibles", ajoute-t-il.  
    En attendant, il estime que la politique monétaire de la BCE 
est "efficace", en témoignent ses prévisions d'inflation plus 
élevées (1,6%) pour l'an prochain.  
    "Nous nous rapprochons significativement de notre cible et 
devrions passer au-dessus de 1% d'inflation dans la zone euro 
d'ici quelques mois", assure François Villeroy de Galhau.  
    Interrogé sur la possibilité d'un prolongement au-delà de 
mars 2017 du programme de rachat d'actifs de la BCE, il répond : 
"Nous avons ainsi toujours dit que la date de mars 2017 n'est 
pas nécessairement une date couperet ; nous apprécierons aussi 
les progrès vers notre objectif d'une inflation proche de mais 
inférieure à 2%." 
    S'agissant des politiques nécessaires pour renforcer la 
croissance, il estime que la France, l'Italie et l'Allemagne 
doivent agir de concert, les deux premières en amplifiant les 
réformes structurelles, la troisième en mobilisant ses excédents 
budgétaires. 
    "Tout le monde devrait bouger en même temps pour faciliter 
le mouvement dans chaque pays. C'est cela que j'appelle une 
stratégie collective, un pacte de confiance entre les pays de la 
zone euro", dit-il encore. 
    "Ceci suppose une institution de confiance. Ce pourrait être 
un ministre des Finances de la zone euro. Ce serait probablement 
plus facile vers la fin de l'année 2017, après les élections 
dans certains grands pays", poursuit le gouverneur.  
    François Villeroy de Galhau plaide enfin, comme il l'a fait 
récemment à Berlin, pour une consolidation transfrontalière plus 
poussée des banques européennes de la zone euro. 
    "Quand vous comparez le marché bancaire européen avec le 
marché bancaire américain, il est clair que nous avons besoin 
d'établissements transfrontaliers plus importants. Ainsi, nous 
ferions mieux circuler l'épargne en Europe au profit des 
entreprises." 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux