Pas de quoi impressionner les Russes

le
0
Pas de quoi impressionner les Russes
Pas de quoi impressionner les Russes

A 73 jours de l'Euro, le dispositif de sécurité a été grandement renforcé lors de France-Russie mardi soir, quelques jours après les attentats de Bruxelles. Discret mais visiblement efficace, ce dispositif n'a pas impressionné les quelques journalistes russes présents au Stade de France.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU STADE DE FRANCE

Trois heures avant le coup d'envoi de France-Russie, le Stade de France commence déjà à s'éveiller. Les averses succèdent à un soleil balayé par les nuages. Au loin, on entend les répétitions de La Marseillaise alors que les spectateurs semblent n'avoir jamais été là aussi tôt. « Le plan Vigipirate est renforcé au stade. Anticipez votre venue pour ne pas être retardé par les contrôles aux portes », pouvaient lire les détenteurs de billets depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. La sécurité fait malheureusement partie des enjeux de ce match amical qui n'en a pas vraiment beaucoup d'autres. Le tout quelques mois après les attentats de Paris, dont un s'était déroulé aux abords du Stade de France, et quelques jours après ceux de Bruxelles (Belgique) qui ont remis en alerte rouge toutes les autorités européenne. Depuis, le gouvernement enchaîne les interventions pour rassurer ses citoyens sur la tenue de l'Euro 2016. Ce match face à la Russie, le dernier des amicaux au Stade de France, ressemble ainsi à une répétition générale sur le plan de la sécurité.

Deux contrôles avant d'entrer

Quelques mètres après le métro, un premier cordon de sécurité, composé d'une vingtaine d'agents de sécurité privée, en manteau orange, réalise un filtrage avec inspection visuelle des sacs et ouverture des manteaux des spectateurs. Un quadrillage du périmètre permettant d'éviter toute intrusion hostile, certains fonctionnaires de police étant même postés à dix minutes de marche du stade. Evidemment, un deuxième contrôle a lieu quelques minutes plus tard, après avoir croisé de nombreux CRS et autres gendarmes déployés un peu partout. Le contrôle des sacs, les palpations et la vérification des billets terminés, les spectateurs ont pu tranquillement entrer dans le stade. Pour les journalistes, les contrôles d'accréditations se multiplient avant d'entrer dans la salle de presse flambant neuve. L'occasion notamment pour ceux présents lors de France-Allemagne d'oublier des moments un peu plus douloureux, lorsqu'ils ont dû rassurer tous leurs proches au téléphone, quelques minutes après les détonations.

« C'est comme à l'aéroport en Russie »

Pour autant, pas de quoi impressionner Dimitri et Andrei, deux journalistes russes habitants à Moscou qui assistent pour la première fois à un match en France. « Ce niveau de sécurité, qui est très élevé pour vous, semble plutôt bas pour nous, lance le premier, dans un anglais parfois un peu approximatif. Avant les derbies entre le Spartak et le CSKA, il y a plusieurs milliers de policiers qui sont mobilisés, dont beaucoup ressemblent à des Robocop ». Il faut dire que les Russes sont habitués à vivre avec la violence, des supporters notamment, mais également avec la menace terroriste tchétchène. « C'est comme à l'aéroport, renchérit Andrei, veste de jean et casquette noire sortie d'un clip de rap américain. Je suis allé couvrir un match de championnat du Zenit Saint-Petersbourg. J'ai vu des femmes devoir jeter leur parfum pour accéder au stade, et moi, j'ai dû vider toutes mes poches et enlever mes chaussures avant de passer dans un détecteur de métaux. » Des méthodes évidemment plus radicales. En espérant que la France n'ait pas à arriver à un tel niveau de mesures de sécurité. Cela voudrait dire qu'un nouveau drame l'a frappée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant