Pas de poursuite pour manipulation des cours de l'argent

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(Commodesk) L'enquête américaine menée depuis quatre ans sur des soupçons de manipulation du marché de l'argent à la baisse va conduire à un non-lieu, devant la commission des marchés des matières premières (Commodity Futures Trading Commission).

Les man½uvres supposées se seraient produites de 2007 à 2010 sur le Comex, le marché américain des matières premières, au profit d'un établissement américain, d'après le témoignage d'un ancien employé de Goldman Sachs. Les transactions menées par la banque soupçonnée de manipulation n'étaient pas dictées par la rationalité économique, à en croire un groupe d'investisseurs en métaux qui a intenté une class-action.

Le (ou les) manipulateur(s) aurai(en)t artificiellement maintenu les prix de l'argent au plus bas pendant des années, en prenant systématiquement des options massives à la baisse (« options short ») sur le marché à terme chaque fois que l'argent remontait.

Toutefois, même si des tentatives visant à contrôler le marché par des biais frauduleux ont eu lieu, les preuves matérielles manquent pour le démontrer en justice, d'après la Commodity Futures Trading Commission.

La Commission n'a pas indiqué sur quel établissement elle enquêtait encore, mais elle a examiné 40.000 transactions, réalisées notamment par JPMorgan. La banque dément toute man½uvre, et son service matières premières affirme ne pas détenir de positions importantes sur l'argent.

En 2008, les positions détenues par JPMorgan sur l'argent ont pourtant augmenté de 100 millions de dollars. Des précédents historiques montrent que c'est de cette manière que l'on parvient à un « corner », une impasse dans laquelle se retrouvent coincés les intervenants non informés.

Par la suite, HSBC et JPMorgan ont réduit de 30% leurs positions, entrainant une remontée du métal, et les manipulateurs se seraient retrouvés piégés par leurs anticipations à la baisse.
La loi prohibe depuis 2010 la détention dans les mains d'un seul opérateur de plus de 10% des positions sur le marché de l'argent, mais avec la possibilité de passer outre tant que le régulateur n'intervient pas. Le manipulateur en détenait 35%.

Un groupe d'investisseurs a appelé à faire monter les cours de l'argent, pour contrer les man½uvres de l'établissement, censé spéculer à la baisse sur le métal blanc. Difficile de savoir qui manipule qui.

Le marché de l'argent a fait l'objet d'enquêtes successives en 2004 et 2008, sans résultats concluants. JPMorgan et HSBC détiennent traditionnellement des portefeuilles importants dans le secteur des matières premières, et plus particulièrement, des métaux. La première a hérité du portefeuille de la banque d'investissement Bear Stearns, qui pariait déjà sur la baisse de l'argent, si l'on en croit les auteurs de la class-action. La spéculation de l'établissement sur l'or et l'argent, avec 95.000 contrats sur ces deux matières sur le Comex fin 2007, aurait précipité sa perte.

La banque britannique a été sortie du dossier, ayant trouvé un arrangement direct avec les plaignants.

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