Pas de "plan B" anticipant un éventuel "Brexit", dit Moscovici

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    PARIS, 21 février (Reuters) - La Commission européenne n'a 
pas de "plan B" anticipant une éventuelle sortie du Royaume-Uni 
de l'Union, a déclaré dimanche sur France 5 le commissaire 
européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre 
Moscovici. 
    L'ancien ministre français des Finances a admis qu'un "non" 
à l'Union européenne lors du référendum qui sera organisé le 23 
juin en Grande-Bretagne risquerait d'inverser la "dynamique 
historique" de la construction européenne. 
    "Jusqu'à maintenant nous avons toujours grandi en agrégeant 
de nouveaux pays", a-t-il expliqué. "C'est vrai qu'un départ du 
Royaume-Uni ça serait un signe de défaisance et de défiance." 
    Pour autant, la Commission européenne mise sur une victoire 
des partisans du maintien du Royaume-Uni dans l'Union, grâce à 
l'accord conclu vendredi avec le Premier ministre David Cameron, 
accord qu'il a jugé "équilibré" et "gagnant-gagnant". 
    Parler d'un "plan B" signifierait ne plus croire au "plan 
A", a-t-il poursuivi. "Et moi je n'ai qu'un plan, c'est un 
Royaume-Uni dans une Europe unie. Donc il ne nous appartient en 
rien de faire des scénarios catastrophe." 
    "Pour nous il n'y a qu'un scénario, c'est celui qui a été 
validé par le Conseil européen (...) Ce que la Commission 
souhaite depuis le début (...) c'était qu'il y ait un accord 
(...) et que cet accord soit validé par les Britanniques", 
a-t-il insisté. "Donc non, non et non, pas de plan B." 
    Il n'en a pas moins estimé que les référendums sont "très 
dangereux", surtout quand il s'agit d'Europe, une allusion à la 
victoire du "non" lors du référendum français de 2005 sur la 
Constitution européenne.  
    Il n'est cependant pas question pour la Commission de faire 
campagne, car les Britanniques n'apprécieraient pas que l'on 
vienne de l'extérieur leur dire quoi faire, a ajouté le 
commissaire européen. "Donc la Commission européenne restera 
d'une très grande prudence." 
    Il s'est efforcé de minimiser le ralliement du maire 
conservateur de Londres, Boris Johnson, au camp du "non" au 
maintien du Royaume-Uni dans l'UE, estimant qu'il répondait à 
une "logique politique" au sein de son parti. 
    "Mais ça ne va pas être simple pour M. Johnson de se 
retrouver à côté de M. (Nigel Farage) et de quelques autres 
clowns et populistes de la même ampleur", a ajouté Pierre 
Moscovici. "Et je crains que M. Johnson risque d'y écorner une 
partie de son image." 
    Le député européen Nigel Farage est le chef de file du Parti 
de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), proche de 
l'extrême-droite, qui milite pour la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'UE. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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