Pas de pause dans les hostilités à Gaza, 115 morts

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LE BILAN DE L'OFFENSIVE ISRAÉLIENNE À GAZA S'ALOURDIT
LE BILAN DE L'OFFENSIVE ISRAÉLIENNE À GAZA S'ALOURDIT

par Nidal al-Mughrabi et Ori Lewis

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Les raids israéliens qui se sont poursuivis pour le cinquième jour consécutif sur la bande de Gaza ont tué neuf personnes samedi, ce qui porte à 115 morts le bilan depuis le début des hostilités avec le Hamas et ses alliés.

En dépit des appels de la communauté internationale à négocier un cessez-le-feu, les deux camps n'ont montré aucun signe donnant à penser que les bombardements et les tirs de roquettes depuis l'enclave palestinienne pourraient s'arrêter sous peu.

"Nous étudions toutes les possibilités, nous nous préparons à toutes les éventualités", a déclaré vendredi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a ainsi laissé la voie ouverte à une intervention terrestre.

"Aucune pression internationale ne nous empêchera d'user de toute notre puissance", a-t-il ajouté.

Selon des médecins palestiniens, deux femmes handicapées ont été tuées samedi et quatre autre personnes ont été gravement blessées dans un centre de rééducation touché dans l'est de la ville de Gaza.

Une porte-parole de l'armée israélienne a fait savoir qu'elle se renseignait sur les raisons qui ont conduit à viser ce centre.

Toujours selon des médecins qui opèrent dans la bande de Gaza, une frappe aérienne a tué samedi trois activistes et blessé quatre autres personnes, dont un homme âgé de 65 ans.

Une mosquée, qui abritait selon l'armée israélienne une cache d'armes, a été entièrement détruite dans le centre de l'enclave longue de 40 km. "Nous allons l'emporter malgré votre arrogance, Netanyahu", pouvait-on lire sur un pan de mur.

"AUSSI LOIN QU'IL LE FAUDRA"

Le bilan livré par les autorités médicales palestiniennes s'élève désormais à 115 morts depuis le début de l'opération "bordure de protection" ("protective edge"), dont au moins 76 civils parmi lesquels 24 enfants.

L'offensive menée contre Gaza est la plus meurtrière depuis celle de novembre 2012, qui avait coûté la vie à 180 Palestiniens et à six Israéliens.

En revanche, les salves de roquettes lancées vers Israël n'ont fait aucun mort, en raison notamment du manque de précision des projectiles et de l'efficacité du système israélien de défense antiaérienne baptisé "Dôme de fer".

Vendredi, le tir d'une roquette sur une station-service d'Ashdod, à 30 km au nord de la bande de Gaza, a fait un blessé grave.

Les Israéliens ont pris l'habitude de courir aux abris lorsque retentissent les sirènes d'alerte et l'armée dit avoir rappelé 20.000 réservistes en prévision d'une éventuelle offensive terrestre.

"Nous sommes au milieu d'un assaut et nous sommes préparés à le pousser autant qu'il le faudra, aussi loin qu'il le faudra, avec toute la force qu'il le faudra et aussi longtemps qu'il le faudra", a déclaré le général Benny Gantz, chef d'état-major de l'armée israélienne.

Dans son bilan quotidien, l'armée a affirmé samedi avoir frappé "dix agents terroristes, dont six étaient directement impliqués dans le lancement de roquettes".

L'aviation a également, précise le communiqué, touché 68 lance-roquettes, 21 bases et 18 ateliers de fabrication d'armes.

(Avec Nidal al-Mughrabi; Tangi Salaün et Simon Carraud pour le service français)

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